« Sale nègre » : un élu martiniquais dénonce une agression raciste à Sainte-Anne, la justice saisie
À Sainte-Anne, un incident a éclaté mardi soir (17 mars) en marge de la campagne électorale. Un élu de la majorité, a été cible de crachats et aurait subi des insultes racistes de la part d'un vacancier excédé par le bruit. Il a déposé plainte. Son avocate dénonce un acte inadmissible et réclame une sanction exemplaire.
La scène fait le tour des réseaux sociaux depuis deux jours. Ce mardi (17 mars) au soir, à Sainte-Anne (Martinique), en pleine campagne électorale, un vacancier s’en est pris à la caravane « Sainte-Anne à Cœur » de l’équipe de Jean-Michel Gémieux au prétexte que la sono de leur véhicule est trop forte.
L'élu porte l'affaire en justice
Sur la vidéo qui circule, on le voit vociférer et cracher sur le conducteur de la voiture, qui n’est autre qu’un élu de la majorité.
Les gendarmes ont dû intervenir pour ramener le calme avant que les choses ne dégénèrent davantage. Des premières auditions ont immédiatement eu lieu.
Après une première plainte, l’élu visé par le crachat vient également de saisir le procureur pour dénoncer des violences et des injures à caractère raciste.
Le choc des injures racistes
Pour Me Mélanie Luce, avocate de la victime pour le compte du cabinet Arneton, l'agression dépasse le simple cadre de l'altercation de voisinage pour prendre une dimension raciale qu'elle juge inadmissible :
Le mardi soir, il y a eu des faits qui sont inadmissibles, il faut le dire. On avait dans une voiture deux personnes qui étaient en campagne municipale, dont un élu que nous représentons et qui s'est fait cracher dessus. Ils étaient simplement dans une voiture qui diffusait des messages et de la musique en vue des élections. Ce qui s'est passé, c'est qu'il y a une personne qui a été dérangée par ce bruit, qui s'est rapprochée de la voiture, qui a d'abord été interceptée par plusieurs personnes. Je pense que beaucoup ont vu la vidéo circuler. Et ensuite, il se penche vers la voiture et il assène d'abord une phrase, "sale nègre", et ensuite, il crache et touche spécifiquement notre client qui était conducteur du véhicule. C'est nécessairement choquant. C'est des faits qui sont inadmissibles, mais ils sont aussi très humiliants, parce qu'il se retrouve dans une situation où il est dans une voiture, on lui crache dessus et en plus, c'est un renvoi à sa couleur de peau. L'insulte de "sale nègre", on est quand même en Martinique, c'est une insulte qui pose partout, mais encore plus ici.
L'exigence d'une sanction
L'avocate insiste sur la nécessité d'une réponse pénale exemplaire pour ne pas laisser ces agissements impunis :
Une première plainte a été déposée à la gendarmerie. Il y a une plainte qui est en train d'être régularisée auprès du procureur de la République pour violences à caractère raciste envers un élu, mais également pour injures à caractère raciste. Pour l'instant, c'est une plainte contre X qui est régularisée. C'est extrêmement important de ne pas laisser passer ça. La réponse, c'est une réponse qui est judiciaire, parce que c'est de la façon dont on traite ce type de comportement. Et par contre, il est affecté, bien sûr. Et c'est la raison pour laquelle nous l'accompagnons. C'est l'enjeu d'agir rapidement. Nous, on souhaiterait que l'auteur de ces faits soit rapidement identifié, et qu'il puisse être interrogé, entendu et bien sûr qu'à terme, il soit jugé sur les faits qui ont été commis et que notre client, cet élu, puisse être indemnisé. Parce qu'il s'agit d'un préjudice sérieux.
« Un racisme crasse » dénoncé
Le conseil de la victime ne décolère pas face à la violence symbolique de l'acte, rappelant le caractère profondément dégradant de l'insulte proférée :
Il se fait insulter de "sale nègre" devant tout le monde et craché dessus au visage. C'est extrêmement violent et on ne peut pas laisser passer ça. Pour l'instant, c'est une plainte contre X qui est régularisée. La réponse, c'est une réponse qui est judiciaire parce que c'est de la façon dont on traite ce type de comportement. Le cabinet aux côtés de l'élu qui a été ciblé par ces faits. Nous nous tenons à ses côtés et nous allons agir pour que ces faits qui sont inadmissibles, qui sont empreints d'un racisme crasse, soient sanctionnés et que notre client soit indemnisé.
Dans une vidéo, le maire déplore un « incident ». Il indique avoir également déposé plainte, rappelle la liberté de faire campagne mais appelle à l’apaisement.







