Échouage de sargasses : l’association ASMA réclame la qualification de "catastrophe sanitaire"

Par 16/05/2026 - 08:16 • Mis à jour le 16/05/2026 - 08:19

Face à l'intensification des sargasses et à la rupture des filets anti-pollution au Robert, la situation s'aggrave sur la côte Atlantique. Devant l'inefficacité des barrages, l'association ASMA demande désormais le classement de la crise en catastrophe sanitaire.

    Échouage de sargasses : l’association ASMA réclame la qualification de "catastrophe sanitaire"

Les échouements de sargasses s’intensifient depuis plusieurs jours. Le François, Le Vauclin, Le Robert : les communes principalement touchées n’y échappent pas.

Les conséquences sont connues : odeurs nauséabondes et plages envahies par les algues. Une situation qui se répète une nouvelle fois pour les habitants du littoral, et ce malgré la présence de filets anti-sargasses.

À Pointe Savane, au Robert, une pétition avait été lancée sur internet en février 2026.

L'objectif était d'atteindre 100 000 signatures pour tenter de se faire entendre auprès de l’Assemblée nationale. Trois mois plus tard, le compte n’y est pas, avec à peine 2 000 signataires.

Des barrages sous pression

Actuellement, le problème persiste pour les riverains de la côte atlantique, notamment à cause de l'absence de ramassage des algues bloquées par les filets.

Catherine Jean-Baptiste, membre du collectif anti-sargasses et également habitante de Pointe Savane, déplore l'inefficacité des installations actuelles :

Nous avions un filet fonctionnait très bien depuis qu'il avait été réglé, si bien qu'il n'y avait plus du tout d'algues qui s'échouaient sur le littoral. On commençait à retrouver le sable. Pourtant, malgré la qualité apparente de ce barrage, la pression subie pendant les quatre ou cinq jours de grands arrivages, combinée au week-end prolongé, a changé la donne. Nous avons d'ailleurs vu passer des images de cette structure. Un tel barrage peut fonctionner, à condition d'être entretenu. Faute d'entretien et de récoltes suffisantes à l'arrière, il a cédé. Il y a donc au moins deux grosses zones de fuite, ce qui nous conduit à la situation actuelle, avec des taux qui augmentent. Nous sommes déjà passés en vigilance orange depuis jeudi (14 mai), et cela va continuer d'augmenter.

Vers l'urgence sanitaire

L’ASMA (Association Sargasses) souhaite désormais une qualification du problème des sargasses en catastrophe sanitaire, un statut distinct de celui de catastrophe naturelle.

Face à l'urgence de la situation, Catherine Jean-Baptiste, détaille les raisons qui poussent l'association à privilégier cette requalification juridique :

La reconnaissance en catastrophe naturelle serait idéale pour indemniser les riverains qui subissent la perte de leurs appareils électroménagers ou de leur climatisation. Cependant, il est peu probable que nous l'obtenions en raison de son coût. Les assurances, déjà très sollicitées par d'autres sinistres récurrents comme les inondations ou le phénomène des argiles gonflantes, cherchent plutôt à réduire leurs interventions. L'intérêt du statut de catastrophe sanitaire réside dans la notion d'urgence. Cela permettrait de déployer immédiatement des dispositifs de crise et d'astreinte, mais aussi de mobiliser des compétences étatiques majeures, notamment l'armée. Enfin, cela permettrait de s'affranchir d'une partie des procédures de marchés publics, qui tendent à allonger considérablement les délais pour obtenir de nouveaux barrages.


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