L’État lance une vaste opération d’extraction de 15 bateaux hors d'usage pour protéger le littoral
Une campagne de dépollution maritime a débuté ce jeudi 7 mai au Lamentin avec l’extraction des premiers bateaux hors d’usage (BHU). L’opération vise à sécuriser le littoral et à mieux encadrer les mouillages en Martinique.
Ce jeudi 7 mai, les services de l’État ont procédé au retrait de deux épaves abandonnées en mer, au large de Californie au Lamentin.
Au total, quinze navires doivent être retirés entre mai et juin sur le territoire, afin de protéger le milieu marin, sécuriser la navigation et préserver les activités nautiques et touristiques du littoral
Des épaves retirées pour protéger le littoral
Ces épaves, parfois semi-immergées depuis plusieurs années, représentent aussi un risque environnemental important avec des fuites possibles d’hydrocarbures, de peintures toxiques ou encore de plastiques dégradés.
C’est la première fois que l’état finance directement ce type d’action en Martinique. Au plan national, un seul autre exemple existe, mené l’an dernier dans la rade de Toulon.
Une fois prélevées, les embarcations sont dirigées vers une filière spécialisée dans la déconstruction et le recyclage. Ce programme de 200 000 euros a été financé par le Fonds vert 2025.
Pour le préfet de la Martinique, Étienne Desplanques la coopération de tous les services est nécessaire pour lutter contre les BHU :
Les services de la direction de la mer effectuent un important travail de repérage et de verbalisation, jusqu’à l’épuisement des recours pour identifier les propriétaires. Nous mobilisons ensuite un prestataire pour des opérations complexes : des scaphandriers interviennent d'abord sous l'eau avant de procéder au retrait technique de navires parfois imposants. Enfin, nous collaborons avec Metaldom pour le recyclage. J’en profite pour rappeler aux plaisanciers qu’une filière dédiée peut prendre en charge, à moindres frais, les navires hors d'usage.
Mieux encadrer les mouillages
De son côté, Xavier Nicolas, directeur de la mer, estime que les navires qui jettent l’ancre dans nos eaux doivent faire l'objet d'un meilleur contrôle :
Il est impératif de réglementer progressivement le mouillage en Martinique. L'objectif est que chaque nouvel arrivant soit identifié et participe financièrement aux coûts de stationnement, que ce soit auprès des communes ou de l'État. Cela permettra de réguler les flux non contrôlés et d'intervenir plus efficacement auprès des propriétaires qui s'éternisent ou abandonnent leurs navires. Nous devons agir aux deux bouts de la chaîne : d'une part, en identifiant clairement les entrants, et d'autre part, en traitant le problème des épaves et des navires abandonnés
"Minimiser l'impact écologique"
L’enlèvement de ces épaves nécessite des manœuvres minutieuses comme l’explique Olivier Thérese-Basile, scaphandrier chez « CLEAN OCÉANE » :
En amont de l'intervention, nous procédons à une inspection de la zone pour évaluer l'état structurel du Bateau Hors d’Usage (BHU). Cette expertise de la coque permet de déterminer s'il est possible de lever le navire en une seule fois ou s'il nécessite une préparation spécifique pour le renflouement. Nous analysons également l'environnement, coraux ou herbiers, afin de minimiser l'impact écologique de l'extraction. L'objectif est de contenir les macrodéchets et de retirer tout objet flottant de la structure avant l'opération. En moyenne, ce travail technique de renflouement dure deux à trois jours.
Une opération collective
C’est SOMARA qui a décroché le marché lancé par l’Etat. Cette société martiniquaise spécialisée dans ce type d’opération intervient dans toute la Caraïbe, avec le concours d’autres partenaires précise son directeur général Edward Porry :
Cette mission repose sur un véritable travail d'équipe. Nous collaborons avec la société OCEANE pour les travaux subaquatiques, Metaldom pour la déconstruction et le recyclage, ainsi que les entreprises de levage comme Locmanu et DMSL. Chaque retrait débute par une visite de reconnaissance pour analyser la nature du sol et les spécificités du navire. Ce diagnostic nous permet de définir un mode opératoire précis, tout en prévoyant systématiquement plusieurs plans de secours pour faire face aux incertitudes techniques.
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