Barbade : le gouvernement de Mia Mottley relance des opérations de prospection d'hydrocarbures
La Barbade lance un nouvel appel aux compagnies pétrolières internationales pour explorer ses fonds marins. Dix-neuf zones offshore en eaux ultra-profondes sont proposées, sous conditions environnementales renforcées. Le gouvernement souhaite lancer l'exploitation ces sites au plus vite sur les recherches sont concluantes.
La Barbade poursuit ses ambitions dans le secteur des hydrocarbures. Le gouvernement a officiellement lancé une nouvelle campagne d’attribution de licences d’exploration pétrolière et gazière offshore, ouvrant la voie à des négociations avec des compagnies énergétiques internationales intéressées par les ressources potentielles du sous-sol marin barbadien.
L’initiative, baptisée « Offshore Petroleum Direct Negotiations 2026 », prévoit une période de préqualification de trois mois, ouverte depuis le 2 juin et qui se terminera le 1er septembre prochain.
Dix-neuf blocs offshore proposés aux investisseurs
Le ministre de l’Énergie, du Développement des entreprises et du Commerce, Kerrie Symmonds, a annoncé que 19 blocs offshore en eaux ultra-profondes étaient proposés aux entreprises qualifiées.
Ce chiffre est inférieur aux 22 blocs mis en jeu lors du précédent cycle d’attribution en 2022. Selon le gouvernement, certains secteurs ont été volontairement retirés de l’offre afin d’être conservés pour de futurs projets énergétiques nationaux.
Nous avons décidé de réserver certains blocs pour le développement de notre propre compagnie énergétique nationale et pour la défense des intérêts stratégiques du pays
Des réserves potentiellement considérables
Selon les autorités barbadiennes, les études sismiques réalisées ces dernières années révèlent un potentiel important en hydrocarbures.
Le directeur des ressources naturelles, Jamar White, évoque des estimations préliminaires de 13 milliards de barils de pétrole et plus de 1,1 milliard de mètres cubes de gaz naturel.
Ces chiffres devront toutefois être confirmés par des travaux d’exploration plus poussés.
Des exigences climatiques et environnementales renforcées
Face aux préoccupations environnementales, Bridgetown assure vouloir sélectionner des partenaires respectant des critères stricts en matière de climat et de protection de l’environnement.
Le gouvernement exige notamment que les entreprises candidates démontrent leur capacité à limiter les émissions de méthane, un gaz à effet de serre particulièrement puissant.
« Le méthane est aujourd’hui reconnu comme l’un des principaux moteurs du réchauffement climatique. Il retient environ 80 fois plus de chaleur que le dioxyde de carbone », a souligné Kerrie Symmonds.
Les critères de préqualification prendront désormais en compte l'expertise technique des entreprises, leur solidité financière, leurs engagements climatiques ou encore leur contribution au contenu local et à l’économie barbadienne.
Une exploration encadrée avant toute exploitation
Les entreprises retenues entreront ensuite en négociation directe avec le gouvernement. Les autorités espèrent finaliser ces discussions d’ici le 15 janvier 2027.
Avant le démarrage de toute activité d’exploration, les opérateurs devront réaliser des études d’impact environnemental approfondies ainsi que des relevés de référence sur les écosystèmes marins.
Ces analyses devront notamment évaluer les conséquences potentielles sur la biodiversité marine, les espèces protégées et les activités économiques liées à la mer.
Entre transition énergétique et sécurité énergétique
Cette nouvelle offensive dans la prospection pétrolière s’inscrit dans la stratégie énergétique globale du gouvernement de Mia Mottley. L’exécutif affirme vouloir concilier développement des énergies renouvelables, sécurité énergétique et résilience économique.
Pour Bridgetown, l’éventuelle découverte de réserves exploitables pourrait contribuer à réduire la dépendance énergétique de l’île tout en générant de nouvelles recettes pour l’économie nationale.
La Barbade rejoint ainsi plusieurs territoires de la Caraïbe qui cherchent à valoriser leurs ressources offshore, dans un contexte où les enjeux climatiques continuent de peser sur les choix énergétiques de la région.







