Détournement de fonds à la CTM : 6 ans d'emprisonnement requis contre Clarisse Romany et Fabrice Duragrin

Par 04/06/2026 - 12:41 • Mis à jour le 04/06/2026 - 13:22

Le procès du détournement des fonds du handicap de la CTM a redémarré ce jeudi matin à Fort-de-France dans une ambiance tendue. Face aux cinq prévenus jugés notamment pour détournement de fonds publics, le parquet a rendu ses réquisitions, réclamant des peines de prison allant de 2 à 6 ans.

    Détournement de fonds à la CTM : 6 ans d'emprisonnement requis contre Clarisse Romany et Fabrice Duragrin
Image d'archive

Le procès pour détournements de fonds à la CTM a repris ce jeudi matin (4 juin) au tribunal correctionnel de Fort-de-France, après sa suspension le 18 mai dernier.

Cinq des six prévenus comparaissent à nouveau. Ils sont jugés pour détournement de fonds publics, recel, abus de confiance, faux et usage de faux, dans une affaire portant sur plus de 3,2 millions d’euros ponctionnés de l’enveloppe de la prestation compensatoire du handicap.

De lourdes réquisitions

La séance de ce jeudi a débuté vers 8 heures dans une ambiance chaotique.

Face à l'affluence de la foule, les forces de l’ordre ont dû filtrer les entrées. Après une interruption, le procès a finalement repris aux alentours de 10h20.

Au programme de la matinée, les plaidoiries des parties civiles et de la défense ainsi que les réquisitions du ministère public.

Des réquisitions sévères qui ont donné le ton de cette seconde journée d'audience.

Pour Clarisse Romany et Fabrice Duragrin, considérés comme les cerveaux de l'escroquerie, le ministère public réclame 6 ans d'emprisonnement avec mandat de dépôt, une amende délictuelle de 50 000 euros, la confiscation de l'ensemble des biens et comptes bancaires saisis, une privation d'éligibilité pendant une durée de 5 ans, l'interdiction définitive d'exercer une fonction publique ainsi que l'interdiction de l'ensemble des droits civiques pendant 5 ans, sauf le droit de vote.

Pour Taima, les réquisitions s'élèvent à 3 ans d'emprisonnement, dont 2 ans avec sursis probatoire et 1 an en détention à domicile sous surveillance électronique.

S'y ajoutent une amende de 10 000 euros, la confiscation des biens et comptes bancaires saisis, une privation d'éligibilité pendant 5 ans, l'interdiction définitive d'exercer une fonction publique et l'interdiction des droits civiques pendant 5 ans, sauf le droit de vote.

Pour Hida et Ludovic Romany, la mère et le frère de la principale prévenue, il est requis 2 ans d'emprisonnement, dont 1 an de sursis probatoire en détention à domicile sous surveillance électronique, une amende délictuelle de 30 000 euros chacun, la confiscation des biens et des comptes, une privation d'éligibilité pendant 5 ans, l'interdiction définitive d'exercer une fonction publique ainsi que l'interdiction des droits civiques pendant 5 ans, sauf le droit de vote.

Une défense qui accuse

Après ce réquisitoire musclé, c'est désormais la défense qui s'exprime. Le conseil d'Hida et Ludovic Romany a notamment choisi de renvoyer l'ensemble des responsabilités sur l'agent administratif.

Une soeur qui se serait présentée en larmes chez son frère avec une somme de 19 000 euros dont il ignorait la provenance.

Clarisse Romany lui aurait demandé de cacher cet argent. L'avocat des proches de la jeune femme a rappelé qu'elle avait reconnu avoir manipulé ses parents en inventant une histoire pour éviter leurs questions.

Pour continuer à charger la barque, le défenseur de la mère de la principale prévenue a rappelé que durant la garde à vue, Hida Romany cherchait sa carte bancaire alors que sa fille Clarisse l’avait en sa possession.

Selon lui, on ne peut décemment pas accuser la mère Hida d'avoir envoyé un RIB pour participer au dispositif alors qu’elle ne sait même pas envoyer une photo, assurant par ailleurs que le couple n'avait aucune connaissance de ces flux financiers ni de la provenance des fonds.


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