Sécurité du carnaval : le préfet appelle à suspendre le défilé de dimanche 11 janvier
Au lendemain de la mort d’un jeune de 18 ans, survenue en marge du carnaval dimanche, le préfet de Guadeloupe a réuni l’ensemble des acteurs carnavalesques, lundi 5 janvier à la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre. Objectif : repenser l’organisation du carnaval et éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
Après le meurtre d’un jeune homme de 18 ans, ce dimanche 4 janvier, la sécurité du carnaval est remise en question. Face à ce drame, le préfet de Guadeloupe a organisé une réunion d’urgence hier après-midi (5 janvier) à la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre. Pendant plus de deux heures, les échanges ont porté sur les questions de sécurité et sur la nécessité de faire évoluer l’organisation du carnaval.
Ne pas défiler ce dimanche ?
À l’issue de la réunion, le préfet de la région Guadeloupe, Thierry Devimeux, a proposé aux groupes carnavalesques de ne pas défiler ce dimanche. Une demande formulée à la fois par respect pour la famille de la victime et pour marquer les esprits.
Le carnaval n’est pas un moment de violence, mais un moment de fête. J'ai fait une proposition qui a été longuement débattue, qui visiblement posait des grosses difficultés aux organisateurs. Ma proposition, c'était simplement de dire que dimanche prochain, il n'y aura pas de carnaval par solidarité. Pour pouvoir crier en silence, mais crier haut et fort : On ne veut pas de violences. On ne veut pas que ce beau carnaval, qui est une vraie coutume, un vrai élément du patrimoine guadeloupéen, ce carnaval soit terni par de la violence.
Au cours de la réunion, plusieurs leviers ont été évoqués pour améliorer la sécurité : un renforcement de l’éclairage, une révision des horaires afin que les déboulés se terminent plus tôt, ou encore une modification des circuits. Certains groupes traversent aujourd’hui des quartiers sensibles, ce qui pose des difficultés en matière de sécurité.
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Des pistes qui ne font pas l’unanimité
Ces propositions ont toutefois suscité des désaccords. Certains participants ont quitté la réunion avant son terme, opposés à l’idée de ne pas défiler ce dimanche. Une attitude qui a interpellé le maire de Pointe-à-Pitre, Harry Durimel, pour qui un message fort doit être envoyé à la population.
Tout le monde est d'accord sur le fait que ce qui s'est passé, ce n'est pas une violence du carnaval. Mais j'étais un peu gêné, je ne vous cache pas, de constater que c'est un préfet venu de l'Hexagone qui s'évertuait à faire comprendre aux Guadeloupéens, ici présents, qu'on ne pouvait pas faire le carnaval dimanche comme si rien ne s'était passé. Tous les gens semblaient vivre cela comme une frustration plus que comme une mesure de prévention.
Pour Joël Jacota, président du Groupement pour la Culture et le Carnaval en Région Guadeloupe, la décision peut s’entendre à une condition : qu’elle concerne l’ensemble du territoire.
Si c'est pour être en soutien à la famille du jeune décédé, on annule le carnaval de la Guadeloupe ce dimanche 11 janvier.
De son côté, Jhoann Arnaud, du groupe Sik a Mas, se montre favorable à la poursuite des discussions, notamment lors de la réunion prévue ce mercredi en mairie. Il évoque d’autres pistes pour transmettre un message fort, sans nécessairement annuler le défilé.
Le carnaval a toujours été un vecteur de messages. On peut faire passer le message à travers le défilé de dimanche que tous les groupes travaillent sur une thématique en relation avec la violence, la sécurité ou en tout cas un thème qui soit connexe. Ça, ça peut être une solution.
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