À Saint-Jean Bosco, l'ambition d'exploiter la terre via l'insertion
Le développement de l'exploitation agricole et chantier d'insertion Saint Jean Bosco à Gourbeyre passe par un appui des pouvoirs publics. Sur le terrain, le préfet de Guadeloupe a pu se rendre compte de l'ampleur de la tâche.
La préfet de Région, Thierry Devimieux, s'est rendu ce lundi matin sur le domaine réservé dont l'exploitation est portée par l'association de l'hexagone "Les Apprentis d'Auteuil", qui dispose de 19 hectares pour développer l'agriculture en Guadeloupe.
Aujourd'hui, seuls 10 sont utilisés partiellement. Encadrés, les stagiaires sont de jeunes guadeloupéens à la recherche de formation, d'insertion et d'emploi.
Les Apprentis d'Auteuil veulent développer leur rayonnement et exploiter le maximum des 20 hectares de surface. Pour cela, ils ont monté un projet de 2 millions d'euros financé par l'Etat et les Fonds Européens. L'association veut s'orienter vers l'Agro Transformation.
Son directeur par intérim, Philippe Rose, évoque la nature de ce projet qui doit développer la valeur de la production et permettre d'étendre l'exploitation.
C'est un projet d'entreprise d'insertion dans l'agro-transformation. Il faut produire, mais il faut transformer. Et puis il faut vendre. Ce projet demande évidemment quelques ressources d'investissement, mais manifestement, nous ressentons un soutien des pouvoirs publics, des collectivités publiques. Il y a une forte présence également de la commune de Gourbeyre. Nous allons travailler à lancer ce projet d'entreprise d'insertion qui va transformer les produits en confitures et autres produits dans les bocaux. Et puis également des tisanes, plantes médicinales, des farines autant de produits qui ensuite seront ont vocation à être vendus sur le marché de telle manière que les Guadeloupéens puissent avoir des produits locaux bio qui sont fabriqués chez nous.
Créer de la valeur certes mais aussi de l'emploi en s'appuyant sur le chantier d'insertion :
C'est un projet d'entreprise d'insertion, donc c'est un projet qui a vocation à être durable, puisqu'une entreprise d'insertion, elle a son équilibre économique qui est porté à peu près à 80% par l'activité elle-même et 20% par un soutien de l'État, parce que ce sont des jeunes en insertion que nous accompagnons et donc il faut avoir un soutien de l'État. Mais 80%, c'est le projet lui-même, donc c'est une véritable entreprise. Il y a un investissement que l'on mesure à 500 000 € en investissement initial pour atteindre en fin de course 2 millions d'euros. Au départ l'entreprise comptera, une dizaine de salariés pour se lancer pour le projet d'agro-transformation, les encadrants. Et puis une dizaine de jeunes en insertion ou de personnes en insertion pour les jeunes à insérer. Et puis ensuite, au fur et à mesure du développement du projet, on pourra évidemment employer et grandir.
L'insertion, une porte d'entrée
Pour le Préfet de Région, Thierry Devimieux, le site de Saint Jean Bosco reste une véritable opportunité pour les jeunes guadeloupéens qui veulent investir dans la terre et croire dans une agriculture diversifiée.
Ça permet à des jeunes, ou d'ailleurs un petit peu moins jeunes, de retrouver un chemin de vie, de se reconstruire, de développer un projet et demain, on peut l'espérer, devenir aussi agriculteur et contribuer à l'alimentation de ce pays. Donc, c'est intéressant de voir le travail de cette association, les Apprentis d'Auteuil, qui ont cette double mission: insérer des gens, chantier d'insertion, et en même temps, chantier d'insertion dans un domaine agricole d'une vingtaine d'hectares, dont une dizaine d'hectares cultivés, où là, on cultive en agriculture biologique, on met en valeur les productions locales, les produits qui étaient autrefois cultivés dans tous les jardins créoles, et on essaye de leur redonner vie et de l'intérêt. Et effectivement, nous avons besoin d'offrir des perspectives à tous les jeunes de Guadeloupe, que ça soit à travers des études classiques ou que ça soit à travers des procédés comme ça où on permet à des jeunes de se reconstruire et de se remobiliser autour d'un projet
Le représentant de l'Etat souligne également l'ancrage territorial du projet :
Ici, c'est une pépinière du parc national. Ils développent, ils cultivent des plantes endémiques de la Guadeloupe qui peuvent être utiles pour faire de l'agroforesterie, pour faire de l'écologie régénérative, pour faire en sorte que la biodiversité de la Guadeloupe reste de qualité. On a besoin de pépinières comme ça, donc c'est vraiment très intéressant de voir cette approche très intégrée qui permet à cette association, les Apprentis d'Auteuil, d'être présents sur tout le territoire. Insertion, agroécologie, agriculture, commercialisation d'insertion, ça couvre tout le champ. Mais en fait, c'est ce que faisaient nos anciens il y a deux générations, quand on avait un jardin créole qui permettait de cultiver tous les types de produits, qu'on commercialisait ou qu'on échangeait avec ses voisins. On faisait de la cohésion sociale sans le savoir, on faisait de l'agriculture sans le savoir, on faisait de l'agroécologie sans le savoir
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