Air Antilles : l’appel aux financiers, un cri d'espoir pour Louis Mussington avant la décision du tribunal de commerce le 2 février
Suspendu par la DGAC et menacé par l'expiration de sa licence provisoire ce 31 janvier, Air Antilles joue sa survie. Pour garantir la pérennité du transporteur et la connectivité régionale, la direction et les élus de Saint-Martin s’activent pour restructurer le management et attirer de nouveaux actionnaires avant l’échéance judiciaire du 2 février.
Les 114 salariés d’Air Antilles connaîtront leur sort le 2 février. Ce jour-là, le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre rendra sa décision sur la situation de la compagnie. Depuis le 9 décembre 2025, les avions sont cloués au sol, après un audit de la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) qui a pointé des manquements en matière de sécurité.
Si le certificat de transport aérien a été suspendu, la licence d’exploitation provisoire expire ce samedi 31 janvier 2026.
En quête de stabilité financière
Des discussions sont en cours pour trouver de nouveaux investisseurs et du "New money", des apports financiers frais, afin de garantir la stabilité financière de la compagnie. Louis Mussington, président de la Collectivité de Saint-Martin, se veut optimiste :
Cette arrivée de nouveaux investisseurs permet de rassurer la DGAC, la DSAC (Direction de la Sécurité de l’Aviation Civile ndlr.), et aussi Matignon, qui a joué un rôle capital dans cette prolongation de licence temporelle. Avec cela, nous pouvons plaider notre cause pour que nous ayons le retour vers la réinstallation de la licence définitive ou permanente. C'est ce que j'attends au plus vite.
Un appel à la solidarité régionale
Face à cette crise, le président de la Collectivité de Saint-Martin regrette le manque d’implication des collectivités de Guadeloupe pour apporter, elles aussi, un soutien financier. Un appui jugé nécessaire pour garantir la stabilité de la compagnie, rassurer les actionnaires. Ce dernier rappelle que la majorité des salariés d’Air Antilles sont en Guadeloupe :
À trois reprises, j'ai sollicité l'intervention, la participation d'une manière ou d'une autre de Matignon. La majeure partie du personnel se trouve à Point-à-Pitre, et non à Saint-Martin où ils sont quatre ou cinq maximum. J'ai trouvé ça regrettable que jusqu'à aujourd'hui, nos collègues élus, exécutifs, régions, départements, n'ont pas jugé utile de venir à notre secours, de nous accompagner pour que nous puissions redresser la situation et garantir la stabilité financière de la compagnie aérienne. C'est ce que je souhaite, c'est une participation financière. Avec ça, nous rassurerons le monde économique et les partenaires potentiels privés qui pourront très certainement s'associer à cet effort.
L'importance de "New Money"
Le président de la Collectivité de Saint-Martin estime toutefois qu’une amélioration du management est indispensable pour assurer la durabilité de la compagnie et renforcer la connectivité caribéenne :
Le défaut aujourd'hui, c'est que ceux qui ont été en charge de cette opération n'étaient pas forcément les meilleurs. Ceci nous a beaucoup coûté en tant que collectivité à petit budget. Malgré cela, nous avons estimé qu'il fallait apporter l'investissement, les fonds nécessaires pour garantir la durabilité de cette compagnie. Nous sommes toujours engagé sur cette voie, mais s'il n'y a pas cette injection de "New money", la société n'a pas d'avenir. Je pense aussi qu'il faut assurer ce qu'on appelle la connectivité caribéenne. Je suis membre de l'OECO (Organisation des États de la Caraïbe). Le directeur général m'a confirmé qu'on aura l'appui de cette instance politique pour que justement cette compagnie puisse travailler sans difficulté dans la zone.







