Face à l’insécurité, Harry Durimel, le maire de Pointe-à-Pitre, menace de démissionner

Par 25/03/2024 - 05:00 • Mis à jour le 25/03/2024 - 07:22

Depuis plusieurs jours, la Guadeloupe est secouée par des violences urbaines, principalement nocturnes, avec des barrages ou barricades en feu. À Pointe-à-Pitre, confrontée à une série d’homicides, de tentatives et des violences graves, Harry Durimel crie son sentiment d’impuissance. Dans un message sur les réseaux, puis à l’antenne de RCI, le maire menace de démissionner.

    Face à l’insécurité, Harry Durimel, le maire de Pointe-à-Pitre, menace de démissionner
Harry Durimel, maire de Pointe-à-Pitre.

Harry Durimel menace de démissionner face à l’insécurité ambiante dans sa ville de Pointe-à-Pitre. Ce dimanche (24 mars), dans un audio adressé aux médias largement relayé sur les réseaux sociaux, le maire s’alarme que de nombreux croisiéristes se promènent dans des rues « coupe gorge » et pointe du doigt le manque d'effectifs policiers dans sa ville.

Ces propos ont suscité de nombreux réactions notamment celle de la préfecture qui a rappelé, dans un communiqué de presse, que 30 effectifs de la police nationale avaient été déployés hier (dimanche 24 mars).

Invité de RCI Guadeloupe dans le Caraïbes Soir, Harry Durimel estime que le compte n'y est pas pour assurer la sécurité face à l'ampleur des violences et de l'insécurité que connaît la ville.

Quand j’ai appelé ce matin le directeur de la police, il m’a dit qu’il vient de libérer ses hommes car ils ont travaillé toute la nuit avec des enfants qui brûlent le matériel, le mobilier urbain. Quand j’ai appelé le directeur de la police municipale, il m’a dit que ses hommes sont en train d’encadrer les agents techniques de la ville qui nettoient les rues. Au tribunal, on dit pareil. Il n’y a pas assez d’hommes. Quand on me parle de 30 policiers, on ne pourra jamais mettre un policier tous les 10 mètres pour assurer le bonheur des Pointois et des Guadeloupéens. Il faut changer de méthode, de paradigme, d’approche.

Risque de désertion 

Dans son audio diffusé ce dimanche sur les réseaux sociaux, puis sur notre antenne, le maire de Pointe-à-Pitre a réitéré la comparaison de sa ville à un « coupe-gorge» en raison de l'insécurité ommniprésente. Ce cri d'alerte doit inciter à l'action les pouvoirs publics pour créer un environnement propice au développement.

À ECOUTER Harry Durimel craint une désertion de sa ville


Face au manque de moyens et à son sentiment d’impuissance, le maire de la ville confirme mettre sa démission dans la balance si des moyens supplémentaires et une politique de prévention ne sont pas mises en place.

À ECOUTER La menace de démission (Durimel)

Selon Christophe Gavat, le diecteur territorial de Pointe-à-Pitre, depuis vendredi soir », plusieurs secteurs de Pointe-à-Pitre sont « touchés » et la préfecture a annoncé le déploiement de 30 policiers supplémentaires dans la commune.

« Pointe-à-Pitre en l'état est un coupe-gorge. Sans forces de l'ordre à la hauteur des défi », a indiqué à la presse Harry Durimel, dénonçant « une guérilla » et l'implication « de mineurs ».  « Si j'ai les moyens je continue, si je n'ai pas les moyens, j'arrête ! ».

Le taux d'homicides augmente de 33 %

Mercredi, cinq personnes avaient été blessées dans une série d'agressions commises par une femme munie d'un couteau et d'un tesson de bouteille dans le centre de Pointe-à-Pitre, avait indiqué le parquet, et le 16 mars, une restauratrice avait été tuée par balle lors d'un braquage.

En Guadeloupe, le taux d'homicides pour 100.000 habitants a atteint 9,4 en 2023, en hausse de 33,3% par rapport à l'année précédente dans ce département où, comme en Martinique, les armes à feu circulent de plus en plus, selon plusieurs sources policières.

A Pointe-à-Pitre, en un an,  le pourcentage des mineurs impliqués dans les affaires criminelles et délictuelles a notamment triplé, culminant, sur les premiers mois de 2024, à 38%, selon le dernier bilan de la délinquance récemment présenté par les forces de l’ordre.


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