« Je suis fière et ravie » : les mots de Béatrice Fabignon, faite Chevalier de l’ordre national du Mérite

Par 10/04/2026 - 13:23 • Mis à jour le 10/04/2026 - 13:28

Faite chevalier de l’ordre national du Mérite, la cheffe guadeloupéenne Béatrice Fabignon voit son engagement pour les Outre-mer couronné au plus haut niveau. Une distinction prestigieuse qu'elle transforme en un vibrant appel à l'audace pour la jeune génération.

    « Je suis fière et ravie » : les mots de Béatrice Fabignon, faite Chevalier de l’ordre national du Mérite
© Laurent Blevennec / Présidence de la République

Le 26 mars dernier, la cheffe Béatrice Fabignon a été faite chevalier de l’ordre national du Mérite. Cette distinction officielle vient saluer un parcours professionnel axé sur la rigueur et la transmission.

Portée sur l'émotion et le symbole

Figure de la gastronomie guadeloupéenne, elle illustre une trajectoire de réussite qui s'étend au-delà du domaine culinaire. Derrière cette reconnaissance honorifique se dessine l'histoire d'un engagement constant :

C'est un arrêt sur image. Cela représente toutes ces années de travail, de remises en question, de défis, de risques, de doutes et de réussite. Quand j'ai commencé l'aventure en 2007, je n'imaginais pas une telle reconnaissance : être invitée au Palais de l'Élysée pour être décorée par le président de la République lui-même, c'est exceptionnel. Je suis fière et ravie que mon action pour la valorisation des territoires d'outre-mer soit reconnue au plus haut niveau de l'État. C'est aussi une belle visibilité d'obtenir cette distinction aux côtés de personnalités renommées comme Alain Ducasse, Anne-Sophie Pic ou Guy Savoy. Entendre mon nom auprès de ces grands chefs et écouter le chef de l'État prononcer un discours pour chacun, c'est vraiment émouvant.

Le message de la cheffe à la nouvelle génération

Forte de cette expérience au sommet, Béatrice Fabignon n’oublie pas ceux qui feront la cuisine de demain. Pour elle, la réussite ne dépend pas du prestige de la voie choisie, mais de la force de la conviction personnelle :

C'est de suivre leur voie, c'est qu'ils s'écoutent. Parce qu'effectivement, ça dépend de ce que l'on choisit comme voie et comment on souhaite le faire, puisqu'on peut aller dans la haute gastronomie ou dans la gastronomie, à différents niveaux. Peu importe le chemin que l'on choisit, il faut s'écouter, il faut se faire confiance, parce que c'est très dur. Ce qui est surtout dur aussi, c'est d'avoir des ambitions, d'avoir des envies, parfois complètement folles, d'avoir des petites voix comme ça, parasites, déjà soi-même, et ensuite son entourage aussi, de sa propre famille, qui perturbent parfois ce cheminement. Ça, c'est assez difficile quand même, il faut le dire. C'est de s'écouter, de bien s'entourer, de ne pas penser qu'un chemin est mieux qu'un autre. C'est de faire preuve de courage, parce que j'étais beaucoup seule dans mon parcours, parce que pas beaucoup de personnes puis de foncer qu'un échec, ce n'est pas du tout la fin du chemin, que ça ne va pas durer du tout, qu'on n'y arrivera pas. Il ne faut pas hésiter à aller voir ce qui se passe ailleurs. Il faut vraiment bouger, il faut voyager.


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