Commémoration du 10 mai : la question des réparations au cœur des débats

Par 10/05/2026 - 15:47

Ce dimanche (10 mai), marque la journée commémorative du souvenir de l’esclavage et de ses abolitions. 25 ans après l'adoption de la Loi Taubira, la question des « réparations » est au cœur des débats.

    Commémoration du 10 mai : la question des réparations au cœur des débats
Fondation pour la mémoire de l'esclavage

Ce dimanche (10 mai) marque la journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de ses abolitions. 25 ans après l'adoption de la Loi Taubira, cette date reste relativement méconnue et très peu célébrée à l'échelle nationale. Malgré tout, le travail mémoriel a progressé avec des dénominations de lieux publics, l'inscription aux programmes scolaires ou des événements, comme ce dimanche à Houilles en région parisienne, la ville de Victor Schoelcher, où la Région Île-de-France avait choisi d'organiser sa cérémonie officielle.

« Réparation » est le mot sur toutes les lèvres en ce mois des mémoires 2026. Sujet polémique en 2001, la loi Taubira l'avait abordé sur un aspect essentiellement symbolique qui progresse, mais lentement. On dénombre moins d'une dizaine de cérémonies en Île-de-France, même si pour la présidente de région, Valérie Pécresse, c'est la direction à suivre :

Il y a une injonction dans la loi Taubira, c'est celle de ne pas croire que l'esclavage c'est du passé. Les gestes politiques qui se multiplient autour de cette mémoire de l'esclavage, sont des gestes de reconnaissance de l'égale dignité de tous les Français. Et c'est ça, au fond, que nous devons faire.

Essentiel, sûrement, suffisant ça reste à débat, car la mémoire autour de l'esclavage n'est pas apaisée, dans une société française crispée par des tensions racistes. Alors faut-il plus que des mots ? Le président de la Fondation pour la Mémoire de l'esclavage, l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, plaide pour intensifier le travail d'éducation initié par la loi Taubira, sans occulter cette fois, des sujets plus épineux :

La première réparation, c'est la reconnaissance. Mais maintenant, il faut aller plus loin, car la question est posée à l'échelle mondiale.  La France, qui a été précurseur avec la loi Taubira, a une légitimité à prendre des initiatives. J'espère que ça sera l'occasion de le faire.

Le président, Emmanuel Macron, devrait faire des annonces en ce sens, pour que 25 ans après la loi Taubira, la réparation mémorielle s'inscrive en cohérence avec l'égalité et la fraternité républicaine.

Une cérémonie au Sénat 

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a par ailleurs présidé une cérémonie nationale dans l’enceinte du Sénat, après un dépôt de gerbes dans les jardins du Luxembourg, près du monument mémoriel.

Écoutez ce reportage d'Aline Druelle :
 


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