Sécheresse, irrigation et biocarburants : de nouvelles pistes étudiées face aux défis en Guadeloupe

Par 11/05/2026 - 10:10

Alors que la Guadeloupe traverse une période de sécheresse, de nouvelles solutions sont envisagées pour accompagner le monde agricole et réduire la dépendance énergétique du territoire. Le développement des biocarburants revient aussi dans le débat face à la hausse des prix des carburants.

    Sécheresse, irrigation et biocarburants : de nouvelles pistes étudiées face aux défis en Guadeloupe

Des alternatives étudiées pour répondre à plusieurs défis du territoire.

Le groupe Rivulis, spécialisé dans les solutions de micro-irrigation, a récemment présenté plusieurs systèmes destinés aux exploitations agricoles. Parmi les techniques mises en avant figure notamment l’irrigation en goutte-à-goutte pour la culture de la canne à sucre ainsi que des systèmes d’aspersion pour la banane.

« Le système le plus optimal pour la canne »

Selon l’entreprise, ces dispositifs ont déjà été utilisés dans plusieurs pays ainsi qu’à La Réunion et en Martinique. Pour Louis Grigolato, responsable des ventes chez Rivulis, le goutte-à-goutte représente aujourd’hui une solution particulièrement adaptée à la culture de la canne à sucre.

Le système d’irrigation le plus optimal pour la canne à sucre est le goutte à goutte. Donc, soit ça va être un goutte à goutte qu'on va renouveler tous les ans lors de la récolte, soit c’est un goutte à goutte qu'on va venir enterrer pour avoir une durée de vie plus importante.

Selon l’entreprise, ces systèmes peuvent être conservés entre cinq et dix ans selon les installations et permettre plusieurs économies.

On va venir faire des économies d'électricité, par exemple, parce qu'on va avoir des pompages qui vont être dimensionnés différemment. Donc, on va faire des économies d'énergie, mais également d'achat d'engrais.

Une expérimentation attendue à Petit-Canal

En Guadeloupe,  Antoine Pirbaka, agriculteur de Petit-Canal doit prochainement expérimenter cette méthode sur son exploitation.

Ça pourrait nous faciliter les choix dans la mesure où la canne a toujours besoin d'eau. En main d'œuvre, ce sera très avantageux.

Selon le responsable des ventes, les rendements pourraient également progresser grâce à cette technique.

Les rendements, on estime que sur une culture non irriguée et une culture avec de l'irrigation en goutte à goutte enterrée, on est environ à 50 % de production en plus.

Au-delà du secteur agricole, d’autres alternatives sont également évoquées face à la hausse des prix du carburant. La question du développement des biocarburants revient ainsi dans le débat en Guadeloupe. Ces carburants sont fabriqués à partir de matières végétales ou organiques comme le maïs ou la canne à sucre.

Des automobilistes encore prudents

Julien, habitant de Sainte-Anne et travaillant à Jarry, parcourt chaque jour environ 74 kilomètres. Il se dit intéressé par l’installation d’un boîtier permettant de rouler au biocarburant, tout en restant prudent.

Je serais prêt à investir, mais pas sans bien me renseigner ou alors avoir vu des véhicules tests. Il y a déjà des tests dans la Guadeloupe aussi, surtout par rapport à la chaleur, l'humidité. Comment ça vieillit chez nous ?

L’installation d’un boîtier représente un coût compris entre 800 et 1 000 euros, un investissement qui peut freiner certains automobilistes malgré un carburant présenté comme moins coûteux à long terme.

Une filière possible autour de la canne

Pour Sébastien Mathouraparsad, économiste et professeur des universités en économie, le développement du biocarburant pourrait constituer une piste économique pour la Guadeloupe.

De quelques mois, de 12 à 24 mois, il y a un coût, effectivement, mais qui peut être amorti quand vous regardez sur le long terme, quand vous voyez que le biocarburant coûte pratiquement deux fois moins cher, qui est d'autant plus beaucoup moins polluant.

Selon lui, la Guadeloupe pourrait s’appuyer sur la filière canne pour produire ce type d’énergie.

On peut faire du biocarburant à base de canne à sucre comme le Brésil. Le Brésil est le producteur mondial numéro un en termes de biocarburant à base de canne à sucre. On peut aussi faire du biocarburant à base de coco ou de sargasse.

Le développement de cette filière pourrait permettre de diversifier l’économie locale et de créer de nouveaux emplois, même si la question des investissements nécessaires reste posée.


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