Des agriculteurs ultramarins interpellés lors d'une manifestation devant le ministère de l'Agriculture à Paris
Des agriculteurs qui participaient à une opération coup de poing à Paris ont été interpellés par les forces de l'ordre avec une vingtaine d'autres manifestants associés à la Confédération Paysanne.
Une délégation d’agriculteurs ultramarins, associée à la Confédération Paysanne, a manifesté devant le ministère de l’agriculture ce mercredi (14 janvier 2026).
Venus de Martinique, de Guyane, de Guadeloupe et de la Réunion, ils ont demandé une meilleure répartition du Poséi, ce programme européen destiné à aider les agricultures des régions ultrapériphériques.
Les agriculteurs ont réussi à entrer dans une annexe du ministère de l'Agriculture à Paris, qu'ils ont occupée pendant une heure avant d'être délogés.
Selon une représentante de l’OPAM, l’Organisation Patriotique des Agriculteurs de Martinique, la police a cerné les manifestants et a procédé à des contrôles sur place.
Lahely Luberthe, trésorière de l'OPAM, a participé à cette manifestation. Elle explique les raisons de cette action :
Des délégations de Martinique, Guyane, Guadeloupe et de La Réunion ont participé à cette mobilisation pour demander une meilleure répartition du POSEI. Nous avons pris le ministère d'assaut et ensuite la police nous a pris d'assaut. Nous avons revendiqué nos droits car on ne mangera pas que de la canne et de la banane. Nous sommes concernés par le Mercorsur également
Une vingtaine de militants embarqués dont Guy-Albert Levostre, secrétaire général de l'Organisation Patriotique Agriculteurs Martinique.
Décoloniser l'agriculture
Fanny Métrat, une des porte-parole de la Confédération paysanne a demandé la "décolonisation de l'agriculture" et "la fin de cette cogestion insupportable de la FNSEA (premier syndicat agricole) et du ministère de l'Agriculture".
Cette déclaration intervient au lendemain d'une nouvelle salve d'annonces du gouvernement qui a notamment promis une "loi d'urgence agricole" portant sur la prédation (attaques de prédateurs sur le bétail), l'eau et les moyens de production, répondant très exactement aux demandes de l'alliance FNSEA-Jeunes agriculteurs qui domine le paysage syndical agricole.
La FNSEA, qui a longtemps été le seul interlocuteur de l'État avant l'émergence d'autres syndicats et notamment la Confédération paysanne en 1987, est régulièrement accusée par les autres forces d'imposer son ordre du jour à l'État.
"La FNSEA arrive avec sa liste de courses et est remerciée par le Premier ministre, encore hier", a lancé Stéphane Galais, lui aussi porte-parole de la Confédération paysanne, en référence à l'entrée dans Paris de plus de 350 tracteurs mardi, escortés par la police.
"La FNSEA peut faire défiler 400 tracteurs et est reçue en grande pompe par Yaël Braun-Pivet et le Premier ministre. Nous, à chaque fois qu'on se mobilise, tout ce qu'on obtient c'est de la répression", a dénoncé Thomas Gibert, également porte-parole du syndicat.







