Grève des médecins libéraux : les professionnels se mobilisent en Guadeloupe et en Martinique

Par 05/01/2026 - 13:23 • Mis à jour le 05/01/2026 - 13:37

Les médecins libéraux entrent en grève ce lundi (5 janvier), pour dix jours. Ils protestent contre le nouveau budget de la sécurité sociale. Bien que la mobilisation soit d’ampleur en Hexagone, elle s’annonce plus contrastée en Guadeloupe et en Martinique.

    Grève des médecins libéraux : les professionnels se mobilisent en Guadeloupe et en Martinique

Ce lundi (5 janvier) les médecins libéraux entrent en grève, et ce, jusqu’au 15 janvier. Ils protestent contre le budget de la Sécurité sociale 2026 et leurs conditions d’exercice jugées dégradées. La mobilisation est très suivie en Hexagone, des cabinets sont temporairement fermés et des blocs opératoires tournent au ralenti. 

En Guadeloupe, le mouvement prend de l’ampleur, les professionnelles de santé sont à bout, à l’image du docteur Frédérique Dulorme. Elle tient à se mobiliser, car elle redoute les conséquences de ce nouveau budget sur la prise en charge des patients : 

De plus en plus, il nous est demandé de prendre en compte une gestion comptable, pour aller vers des prescriptions standardisées, sans tenir compte des situations cliniques de façon personnalisée pour les patients. Il nous est demandé de limiter tout ce qui est prescription d'arrêt de travail. Au final, on sort vraiment de la liberté d'exercice médical. Et cela, ça nous inquiète pour la qualité des soins, entre autres. 

Une mobilisation qui s’annonce peu suivie en Martinique 

À la clinique Saint-Paul, l’activité est partiellement impactée, sans perturbation du bloc opératoire. En revanche, les deux médecins du dispositif Kay Doktè suivent la grève, ce qui pourrait affecter les consultations sans rendez-vous.

Le Docteur Etienne Briand, secrétaire général de l’Union Régionale des Médecins Libéraux de Martinique, soutient les revendications, mais reconnait que le mouvement est peu suivi : 

La grève est moyennement suivie en Martinique, parce qu'on a une démographie médicale qui est particulièrement dégradée. On a du mal à organiser un mouvement de grève, dans la mesure où les patients attendent des rendez-vous depuis deux, trois mois. On est à flux tendu. Toutefois, on soutient les revendications. On est à la fin d'un cycle, la sécurité sociale, les mutuelles, ne remplissent plus du tout leur rôle de soutien auprès des médecins. On est dans une lutte aveugle entre la financiarisation de la médecine, et la qualité des soins auprès des patients.

Pour le docteur Etienne Briand, la profession mérite davantage de respect : 

La revendication, c'est essentiellement le respect. Le respect du travail médical, le respect de la relation entre le médecin et le patient. Un soutien et non pas une opposition de la part des financeurs.

Qu’ils se mobilisent ou non, les médecins soutiennent globalement la grève nationale, et s’interrogent sur les conséquences concrètes du budget de la sécurité sociale 2026, sur la prise en charge des patients. 


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