« Une révolution de notre système de santé », un décret élargit le rôle des infirmières
Par un décret paru mercredi (24 décembre), le rôle des infirmières est désormais élargi. Longtemps considérées comme des exécutantes, elles pourront désormais initier des soins dans leur domaine d’activité.
« C’est une révolution pour notre système de santé ». Un décret paru le 24 décembre, entérinant la nouvelle “loi infirmière” du 27 juin 2025, marque un tournant pour les professionnels de santé.
Les infirmières ne seront plus considérées comme de simples exécutantes. Jusqu’ici, elles étaient rémunérées à partir d’une liste d’acte, vieille de 20 ans, qu’elles ne pouvaient réaliser que sur prescription préalable. Désormais, elles pourront initier des soins dans leur domaine d’activité.
Selon le décret, les infirmières pourront notamment : mener une consultation, élaborer un projet de soin, et même poser un « diagnostic infirmier ». Elles ont également le droit de prescrire des produits de santé et des examens complémentaires, selon une liste restreinte fixée en amont.
Autre évolution, les infirmières pourront vacciner sans prescription préalable, pour tous les vaccins obligatoires à partir de 11 ans, ceux contre la grippe et le Covid dès 5 ans, et réaliser des tests pour certaines infections sexuellement transmissibles.
Des compétences élargies
Ce décret a beaucoup fait réagir le milieu médical. C’est « une victoire » pour le collectif des infirmières en colère, quand la Fédération nationale des infirmiers parle « d’une étape déterminante pour la reconnaissance de la profession.»
Mireille Chibourg, infirmière libérale et présidente de l’ordre des infirmiers Antilles-Guyane, salue cette avancée :
Nous sommes en train d'aller vers une refonte en profondeur de la profession infirmière. Ces changements permettront de mieux répondre aux besoins de santé des patients. Les infirmiers font beaucoup de choses, tous les jours, qui ne sont pas reconnues à leur juste valeur. Maintenant que c’est établi, on va vers une reconnaissance, et c’est important parce qu'on a besoin de monter en compétence dans notre profession.
Certains actes restent toutefois conditionnés à une prescription établie par un médecin, comme les soins postopératoires complexes, ou encore les actes d’anesthésie.
C’est donc un pas de plus vers l’autonomie professionnels des infirmières et des infirmiers en France. Reste à savoir quelles seront concrètement les moyens alloués pour permettre l’application de ce décret.








