Incendie à Saint-François en Guadeloupe : un homme et une femme jugés 7 ans après la mort de six touristes

Par 04/01/2026 - 11:44 • Mis à jour le 04/01/2026 - 22:29

Un homme et une femme seront jugés pour homicides involontaires à partir de mardi (6 janvier) devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre, plus de 7 ans après un incendie meurtrier qui avait coûté la vie à six touristes, dont deux mineurs.

    Incendie à Saint-François en Guadeloupe : un homme et une femme jugés 7 ans après la mort de six touristes

Dans la nuit du 30 au 31 octobre 2018, un incendie s’était déclaré dans une location de vacances, à Saint-François, commune touristique de l’est de la Grande-Terre, en Guadeloupe.

Il avait piégé deux couples et leurs enfants. Les deux hommes de 48 et 58 ans, les deux femmes, des sœurs de 40 et 39 ans, et les deux jeunes garçons de 16 ans et 12 ans, originaires du Gard, étaient décédés par asphyxie.

L’alerte avait été donnée dans la nuit par l’un des occupants des autres appartements de la résidence.

Alors que, dans un tout premier temps, la thèse d’un barbecue mal éteint avait été avancée par les enquêteurs, une première expertise diligentée par le parquet avait écarté cette piste, évoquant "l’intervention d’un tiers" et une origine du feu du côté opposé de la terrasse.

Information judiciaire contre X pour « homicide involontaire »

Une information judiciaire contre X pour homicide involontaire avait été ouverte quelques jours après le drame.

L’homme de 35 ans et la femme de 36 ans renvoyés en procès étaient les propriétaires de la maison où avait pris le feu, selon Alexandra Onfray, procureure adjointe du tribunal judiciaire de Pointe-à-Pitre.

Selon le tribunal, ils sont poursuivis pour  "homicides involontaires par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence" et "destruction involontaire du bien d’autrui par explosion ou incendie dû au manquement à une obligation de sécurité ou de prudence".

Le procès devra notamment mettre en lumière  "la présence et le fonctionnement, ou non, de dispositifs d’alerte incendie", selon Mme Onfray.

30 personnes parties civiles

Une troisième personne, un temps mise en examen dans le dossier, suspectée d’avoir fumé à proximité des lieux, a finalement bénéficié d’un non-lieu.

Le parquet de première instance, suivi par le juge d’instruction, avait requis un non-lieu général après plusieurs années d’enquête. Mais la chambre d’instruction, après appel des familles, avait finalement ordonné, le 26 juin 2025 le renvoi de l’affaire devant le tribunal de Pointe-à-Pitre.

Au total, "plusieurs expertises différentes ont eu lieu, l’enquête a été longue et n’a pas permis de déterminer l’origine exacte du feu", a précisé à l’AFP Mme Onfray.

Trente personnes se sont portées parties civiles dans ce dossier qui avait provoqué un vif émoi dans l’archipel.


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