Taxe sur les alcools forts : le prix de la bouteille de rhum pourrait augmenter de 8 euros

Par 12/01/2026 - 13:30

Ce mardi 13 janvier, le projet de loi de finances revient à l’Assemblée nationale et avec lui la polémique sur une taxe facultative sur les alcools forts en Outre-mer. Si elle est adoptée, cette mesure pourrait nettement faire grimper le prix des rhums.

    Taxe sur les alcools forts : le prix de la bouteille de rhum pourrait augmenter de 8 euros

Ce mardi 13 janvier, le nouvel examen du projet de loi de finances débutera dans l'hémicycle, à l'Assemblée nationale. Les députés n'avaient pas eu le temps de le terminer en fin d'année 2025 et le gouvernement avait fait voter une loi spéciale.

Une mesure voulue par le gouvernement suscite l’ire de certains élus : un amendement, présenté comme destiné à "corriger des fragilités juridiques" par l’exécutif, propose d’instaurer une nouvelle taxe facultative sur les alcools forts en Outre-mer. Cette disposition reviendrait sur la décision votée au Sénat en novembre 2025, avec un impact particulier sur les rhums.

Une volonté de réduction de la consommation

À l’origine, il s’agissait d’une proposition du sénateur RDPI de La Réunion, Stéphane Fouassin. Lors de l’examen du PLF au Sénat, il avait fait voter un amendement instaurant une majoration facultative sur les alcools forts, à décider et fixer par le département ou la collectivité unique.

L’objectif avancé : la réduction de la consommation d’alcool à risque. Selon le sénateur, certains territoires d’Outre-mer, dont La Réunion, connaissent des comportements problématiques liés à l’alcool, "avec des effets marqués sur l’ordre public et la cohésion sociale."

L’objectif affiché par le parlementaire était clair : dissuader les consommateurs par des prix plus élevés, dans un objectif de santé publique. Cette hausse aurait pris la forme d’un montant d’accise supplémentaire, calculé au litre selon le degré d’alcool de la boisson, ce qui aurait inévitablement impacté le marché des rhums.

Une mesure "déloyale"

Lors du vote initial, avec des avis prudents du gouvernement et de la commission, le sénateur de Guadeloupe Victorin Lurel avait fait voter un "sous-amendement de précaution"  pour réduire le champ de cette majoration facultative. Celle-ci ne pourrait s’appliquer qu’à La Réunion, afin de notamment protéger les autres territoires producteurs de rhums.

Pour rappel, en 2018 déjà, La sénatrice martiniquaise Catherine Conconne avait revendiqué une victoire parlementaire en faisant écarter le principe de surtaxe du rhum sur le territoire, protégeant ainsi les producteurs locaux. En novembre dernier, elle s'était à nouveau insurgée au Sénat contre un amendement envisageant une hausse des taxes sur certains alcools.

Pour le sénateur Lurel, cette mesure est "déloyale" : sous couvert de lutter contre l’alcoolisme, elle représente selon lui un nouveau "coup de massue fiscal" et un véritable "cataclysme pour la compétitivité."


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