« Préserver ce qu'il reste » : le Parc National ferme l'accès aux îlets du Grand Cul-de-sac marin dès ce mercredi

Par 15/04/2026 - 13:30 • Mis à jour le 15/04/2026 - 13:31

Dès ce mercredi 15 avril, l'accès aux îlets du Grand Cul-de-sac marin est fermé pour protéger la nidification des sternes. Thibaud Glasser, du Parc National, détaille les enjeux de cette mesure cruciale pour la survie de ces oiseaux, entre sensibilisation et surveillance stricte.

    « Préserver ce qu'il reste » : le Parc National ferme l'accès aux îlets du Grand Cul-de-sac marin dès ce mercredi

À partir de ce mercredi 15 avril et jusqu'au 30 septembre inclus, une interdiction d'approche est en vigueur pour les îlets sablonneux du Grand Cul-de-sac marin.

Un enjeu de survie pour les sternes de l'archipel

Ces sites représentent un enjeu majeur pour ces espèces protégées : tout dérangement aurait des conséquences immédiates sur leur survie. Le Parc National a par conséquent décidé de communiquer sur cette action en appelant l'ensemble des usagers à la plus grande vigilance.

Thibaud Glasser, chef du Pôle Marin au Parc National de la Guadeloupe, détaille les enjeux biologiques qui justifient ces mesures de protection

Cette durée s'explique par le cycle biologique des sternes : du repérage des sites de nidification à la ponte, puis de la couvaison jusqu'à l'émancipation des petits avant leur migration. Chaque année, nous assurons le suivi et la protection de ces oiseaux essentiels à la biodiversité de la Guadeloupe, où se reproduisent 10% de la population de petites sternes des Antilles et, depuis peu, la Sterne caugek. La vigilance est cruciale car le moindre dérangement peut être fatal : si un visiteur débarque sur un îlet interdit ou fait trop de bruit, l'oiseau s'envole et l'œuf, exposé au soleil, peut cuire en seulement trois minutes, anéantissant ainsi la reproduction pour tout l'archipel. Pour protéger ces espèces, des mesures strictes sont en place : à l'îlet Caret, la préservation est permanente grâce à des mouillages périphériques installés avec la commune de Sainte-Rose et les opérateurs locaux ; à l'îlet Blanc, l'accès est restreint du 15 avril au 30 septembre, période durant laquelle nous retirons les bouées de mouillage pour garantir la tranquillité nécessaire à la nidification.

Sauver ce qu'il reste du littoral

Le chef du Pôle Marin au Parc National de la Guadeloupe souligne l'importance capitale de cette mesure de protection en rappelant la valeur écologique exceptionnelle de la zone :

On l'oublie souvent, mais l'archipel de la Guadeloupe fait partie des "hotspots" de la biodiversité mondiale. Nous possédons une richesse biologique d'importance planétaire, avec des espèces qui n'existent nulle part ailleurs. Pour la sterne des petites Antilles, 10 % de l'espèce niche ici, essentiellement sur l'îlet Blanc. Il s'agit d'une centaine de couples nicheurs, ce qui n'est pas une population illimitée ; c'est donc ce que nous cherchons à préserver. Dans ce contexte de réchauffement climatique et d'érosion de la côte, où l'on voit les îlets Caret et Blanc disparaître, nous essayons de protéger ce qu'il reste pour ces espèces.

Sensibiliser pour mieux protéger

Interrogé sur les moyens mis en œuvre pour faire respecter cette interdiction, il précise que la pédagogie s'accompagne d'une surveillance stricte :

Nous expliquons l'importance de cette démarche car nous savons que les Guadeloupéens sont attachés à leur patrimoine naturel. Le travail avec les professionnels du cluster maritime et les opérateurs autorisés est essentiel, car ils sont très sensibilisés. Parallèlement, une surveillance est assurée par les gardes du Parc National, qui sont des inspecteurs de l'environnement assermentés. En cœur de parc, les infractions relèvent de la catégorie 5, les plus lourdes qui existent. Si des dégradations sont constatées, comme ce fut le cas il y a deux ans avec des œufs cassés, les sanctions tombent et les dossiers sont transmis au procureur de la République.

 


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