Budget de l’État : les députés ultramarins maintiennent la pression sur le gouvernement

Par 15/11/2025 - 16:14 • Mis à jour le 16/11/2025 - 18:50

Au cœur des débats budgétaires, les députés d’Outre-mer poursuivent leur combat pour défendre les dispositifs et crédits destinés aux territoires ultramarins. Après avoir obtenu du Premier ministre des engagements sur la LODEOM et la défiscalisation de l’investissement productif, les élus savent que rien n’est encore acquis. La bataille se poursuit, notamment à l’approche de l’examen de la mission Outre-mer, prévu le 18 novembre dans l’hémicycle.

    Budget de l’État : les députés ultramarins maintiennent la pression sur le gouvernement

Les députés ultramarins n'ont eu que très peu de temps pour célébrer le retrait de la réforme de la LODEOM. Ils savent que l'instabilité politique actuelle et les stratégies sans cesse renouvelées au sein de l'hémicycle les appelle à la prudence. Davy Rimane, président de la délégation Outre-mer à l’Assemblée nationale, en est conscient et tient une ligne pleine de prudence.

Il n’y a que les actes qui font foi. Le Premier ministre a annoncé des choses sur la LODEOM et la défiscalisation. On a fait tomber les deux articles. Maintenant, si ça ne passe pas et que ça part comme ça au Sénat, nous verrons bien la position du gouvernement. Il assumera ses décisions finales. Signer un chèque en blanc pour le gouvernement aujourd’hui ? C’est un rêve absolu. 

À ce stade du processus budgétaire, seul un vote définitif — ou, à défaut, les ordonnances du gouvernement — pourra confirmer les arbitrages annoncés.

Un combat permanent 

Le député guadeloupéen Max Mathiasin décrit une négociation difficile, qu’il faut mener avec ténacité.

Si on ne se bat pas, si on n’est pas pugnace, on n’a rien. La ministre, d’une manière générale, dit : “Non, non, non.” Et nous, on s’accroche. C’est un combat difficile. Il faut insister pour que nos territoires soient mieux pris en considération.

Les élus ultramarins soulignent que, pour l’heure, ils doivent surtout sauver l’existant, et que l’obtention de nouveaux crédits reste une bataille encore plus complexe.

Un signal politique plutôt qu’un gain financier

La commission a proposé un rehaussement symbolique d’1,5 milliard d’euros pour la mission Outre-mer. Mais pour Élie Califer, il s’agit avant tout d’un message adressé à l’exécutif.

C’est une démarche d’appel : faire comprendre au gouvernement qu’il doit s’intéresser de façon plus juste à nos territoires, sans nous taxer d’être déraisonnables ou impertinents. Nos travaux ont été préparés et nous avons fait preuve d’une grande solidarité : un pour tous et tous pour un.

Cette cohésion est considérée comme un élément clé dans les discussions à venir. Malgré les incertitudes, certains élus se veulent optimistes. Maud Petit, députée Modem, voit un signe positif dans l’attitude récente du gouvernement.

C’est quelque chose de très positif, qu’il faut noter et reconnaître. Les élus ultramarins y sont sensibles. Il faut maintenant transformer l’essai en séance la semaine prochaine.

Un rendez-vous décisif le 18 novembre

La mission Outre-mer sera examinée en séance publique le 18 novembre. Ce moment permettra de mesurer la réelle prise en compte des demandes ultramarines dans le budget 2025. Entre vigilance, combativité et espoir, les députés affirment qu’ils continueront de peser pour que leurs territoires soient traités « de façon plus juste » par l’État.


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