Reprise d'Air Antilles : le Tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre renvoie le dossier au 5 mars prochain
Ce jeudi 19 février, le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre a examiné les offres de reprise pour Air Antilles, placée en redressement judiciaire. Pour sauver la compagnie aux 117 salariés, les juges ont annoncé que la décision finale sera rendue le 5 mars prochain, le temps pour les investisseurs d’apporter les garanties exigées.
C'est une étape charnière qui s'ouvre pour l'avenir du ciel antillais. Des repreneurs se sont manifestés pour Air Antilles, placée en redressement judiciaire début février, et ce jeudi 19 février, le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre a examiné les candidatures déposées avant la date limite du 16 février.
Pierre Sainte-Luce en figure de proue parmi les repreneurs
La compagnie Air Antilles joue son va-tout dans un dossier de reprise où l'erreur n'est plus permise. Le projet, porté par un pool d’investisseurs emmené par l'entrepreneur guadeloupéen Pierre Sainte-Luce, figure bien connue du secteur privé avec le groupe Manoukiani, suscite autant d'espoir que d'exigences.
Face à l’administrateur judiciaire, à la direction actuelle et à la collectivité de Saint-Martin, la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) impose un cadre de négociation rigoureux où la viabilité opérationnelle prime sur les intentions.
L’autorité de régulation ne se contentera pas de promesses et réclame des garanties financières solides, passant notamment par un adossement stratégique à un acteur plus puissant.
Dans cette optique, le nom de "Sunrise Airways" circule avec insistance comme un partenaire potentiel capable d’apporter l'assise nécessaire pour sécuriser durablement les liaisons inter-îles. Le jugement tombera le 5 mars, date à laquelle la compagnie saura enfin si ce plan de vol lui permettra de redécoller ou si le trou financier aura eu raison de son avenir.
Une offre structurée
Si le projet de reprise commence à se structurer avec l'arrivée d'acteurs reconnus de l'aérien, le scepticisme demeure sur les délais. Hardy Brieux, représentant des salariés d'Air Antilles, détaille les forces et les faiblesses de cette proposition :
La seule offre est sur la table, le nom du Docteur Sainte-Luce. Une offre qui est déjà relativement bien structurée, mais qui pose encore beaucoup de questions. Les représentants du personnel, les salariés ont été informés de ce plan de reprise seulement ce matin. S'il s'agit d'une offre améliorée, on comprend que les discussions vont au bon train. Une nouvelle personne arrive, un groupe. Dans ce groupe, un tour de table avec des investisseurs qui sont des vrais acteurs de l'aérien, Sunrise Airways. Ce sont des gens qui font voler des jets, donc des leur posent aucun problème. Ils apporteront certainement une grande expertise, une grande compétence, pour pouvoir redonner sa place à Air Antilles. Néanmoins, à ce stade, le temps est contraint.







