Procès des "Grands Frères" : les avocats de la défense contre-attaquent après les réquisitions
Au lendemain des réquisitions du parquet, le procès des "Grands Frères" se poursuit ce jeudi 5 février au tribunal correctionnel de Fort-de-France avec les plaidoiries de la défense. Les avocats ont réclamé la relaxe de l'ensemble des prévenus et ont dénoncé une procédure "violente" pour leurs clients et ont aussi porté l'accusation d'une "instrumentalisation politique".
Ce jeudi 5 février a lieu le neuvième jour du procès dit "Des Grands Frères" devant le tribunal correctionnel de Fort-de-France. La vielle, les deux procureurs ont prononcé leurs réquisitions. Des demandes de peines variées allant de 10 mois de prison avec sursis à 4 ans d'emprisonnement ferme ont été formulées.
Lire aussi : Procès des "Grands Frères" : des relaxes et peines de prison ferme requises par le ministère public
Une relaxe totale a également été requise pour 5 prévenus et une relaxe partielle pour un 6ème.
Une potentielle relaxe des prévenus souhaitée
Ce jeudi 5 février, l’avocate de M. Dyvrande, Me Djelabad a considéré que, si le tribunal se base uniquement sur les éléments du dossier, la relaxe de l’ensemble des prévenus peut être prononcée.
Selon elle :
La France ne voulait pas que la situation s’amplifie comme en 2009. Ils ont dit cette fois-ci : je ne vais pas vous laisser marcher.
L’avocate estime que la mise en examen de son client répond à une volonté de conserver une dimension politique dans ce dossier, en l’absence, selon elle, d’éléments nouveaux. Maître Djelabad a dénoncé un "mépris total de la part des agents" dès le début de la procédure.
Selon elle, cette affaire viserait à attaquer toutes les personnes susceptibles de vouloir l’émancipation de la Guadeloupe. Me Djelabad a ajouté qu’"aucun procureur n’est à sa place s’il ne représente pas et ne connaît pas son peuple". L’avocate évoque également une augmentation des chiffres de la violence en Guadeloupe à la suite des manifestations contre le pass vaccinal et de l’arrestation des " Grands Frères".
Une procédure particulièrement violente pour Mme Daumond
À la reprise d’audience, après une suspension, le bâtonnier Constant, avocat de Mme. Daumond, a pris la parole. Il a rappelé que, malgré les réquisitions de relaxe formulées par le parquet à l’encontre de sa cliente, la procédure a été particulièrement violente pour elle.
"Elle est impliquée dans ce dossier uniquement parce qu’elle connaît l’un des prévenus", a-t-il déclaré, estimant qu’elle serait poursuivie afin de faire pression sur ce dernier. "Cette femme a subi une injustice qui n’est pas réparable", a-t-il ajouté.
Il a établi un parallèle avec les mouvements de révolte en Kanaky et en Martinique, notamment celui du RPPRAC, estimant que le parquet aurait agi sciemment face à la contestation populaire, en procédant à l’arrestation des dirigeants des mouvements.
S’adressant au tribunal, il a conclu : "J’espère que vous vous rendrez compte que dans cette affaire, avant et pendant la procédure, on essaye de vous manipuler." À la mi-journée, les plaidoiries de la défense sont toujours en cours.







