Procès des "Grands Frères" : des relaxes et peines de prison ferme requises par le ministère public
Le procès de l'affaire dite des "Grands Frère" approche de son dénouement. Ce mercredi, les deux procureurs en charge du dossier ont requis devant le tribunal correctionnel. Un large éventail de peine a été évoqué. Plusieurs relaxes, complètes ou partielles ont été demandées.
Dès l'entame de ces longs réquisitoires, le ministère public met en garde contre deux caricatures. D'abord, celle d’un mouvement social piloté par des « grands frères » et des chefs de gang. Une vision qui, selon l'avocat général, ne correspond pas à la réalité du dossier.
L'autre caricature serait faire valoir l'idée d'une machination du parquet s’acharnant sur des boucs émissaires.
Ces deux fantasmes ne rendent justice ni aux prévenus, ni à la Guadeloupe
Au cœur du réquisitions, les chefs d’accusation d’associations de malfaiteurs. Le procureur évoque les événements de novembre 2021, avec des actions coordonnées entre le 24 et le 27, culminant avec l’incendie du SPIP de Guadeloupe.
Lire aussi : 13 Guadeloupéens jugés en Martinique : le procès des "Grands frères" débute ce lundi à Fort-de-France
Pour le ministère public, ces faits ne relèvent plus de la cohésion sociale. Il reconnaît toutefois l’engagement de certains prévenus, notamment Frédéric Dumesnil, saluant son travail de pacification, tout en estimant que le mouvement a dérapé à un moment donné.
Sur l’association de malfaiteurs pour extorsion de fonds, le ton change : le procureur demande la relaxe, estimant que les échanges avec les élus n’avaient pas de but financier, malgré des méthodes jugées problématiques dans un contexte de forte pression.
Des relaxes totales sont ainsi requises pour David Abdoul, Michel Corvo, Christelle Daumont, Didier Dyvrande et Sylvain Fostin tandis qu'une relaxe partielle a été demandée contre Pascal Baclet. Pour ce dernier c'est la détention d'arme qui a été retenue, les accusations d'extorsion de fonds ayant été écartées pour l'ensemble des prévenus. Ce délit pourrait lui coûter 12 mois de prison malgré les louanges tressées à son égard par le ministère public.
De la prison ferme
Après ces réquisitions plutôt clémentes, les représentants du parquet ont changé de registre. Sept prévenus sont menacés de condamnations à des peines de prison avec sursis pour certains et ferme pour d'autres.
Ludovic Tolassy fait l'objet de la réquisition la moins lourde avec 10 mois de prison avec sursis. Pour les procureurs, le travail mené avec les jeunes par Frédéric Dumesnil ne peut lui servir protection dans cette affaire. Une peine de 18 mois dont 6 avec sursis a été requise à son encontre.
Loïc Chenilco pourrait quant à lui écoper de 18 mois de prison ferme.
30 et 24 mois de prison ferme assortis d'un mandat d'arrêt pour chacun ont été requis contre les deux absents, Samuel Crail et Cédric Vallier.
Didier Laurent, le policier accusé d'avoir informé ses co-prévenus, a vu requérir contre lui une peine de 3 ans de prison, avec mandat de dépôt différé et l'interdiction définitive d'être policier.
Enfin, la peine la plus lourde a été demandée contre Noël Dauffour. Considéré comme l'un des auteurs de l'incendie du bâtiment du SPIP mais aussi impliqué dans le blocage de l’aéroport de Guadeloupe, une condamnation à 4 ans de prison ainsi que la révocation d'une peine de sursis d'un an, le tout assorti d'un mandat de dépôt.
Le procès qui a débuté le 26 janvier dernier se poursuit ce jeudi avec les premières plaidoiries des avocats. La défense aura deux jours pour s'expliquer et s'exprimer.







