Violences faites aux femmes et aux enfants : des associations partagent des recommandations adaptées aux réalités locales
Alors qu’un nouveau texte du projet de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles doit être déposé mi-août pour être examiné dès la rentrée parlementaire, l’association « Annou vansé ansanm – CIDE îles de Guadeloupe », qui défend les droits de l’enfant, la prévention des violences et l’accompagnement des familles, suggère ses préconisations. Son document formule des recommandations destinées à renforcer la prévention, la protection des victimes et l’effectivité des dispositifs de prise en charge, avec un volet consacré aux spécificités de notre territoire.
Préoccupée par la situation que vivent les enfants et les femmes victimes de violences physiques et sexuelles, l'association « Annou vansé ansanm », qui travaille avec la coalition nationale Féministe et Enfantiste pour une loi intégrale, a pris l’initiative de faire ses propositions.
Parmi elles, l’une porte sur la protection d'urgence, de l'accès aux soins et des procédures adaptées aux victimes mineures, notamment en milieu scolaire. Patricia Chateneay-Rivauday, présidente de l’association « Annou vansé ansanm – CIDE îles de Guadeloupe » déplore une « situation qui interpelle beaucoup. »
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Des associations au plus près des concernés ont formulé des propositions qui répondent à la réalité du territoire. Patricia Chateneay-Rivauday explique :
Avant que les familles aillent déposer une plainte au niveau des services judiciaires, elles viennent se confier aux associations. C'est quasiment tous les jours qu'il y a une situation de violence. Et quand la violence n'est pas physique, sexuelle ou sexiste, elle est financière.
Des réalités propres à l’archipel de Guadeloupe
D'autres réalités sont aussi à prendre en compte, en raison de la double insularité en Guadeloupe. Patricia Chateneay-Rivauday regrette que la double insularité de l’île « aggrave le frein et les manques de moyens, de secours, de soins, d'accompagnement.»
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L’association propose également de créer des familles, des soutiens et des « foyers relais », pour permettre à une personne en danger déjà signalée, de se voir récupérée sur le lieu et d’être immédiatement placée.
À cela s'ajoute le renforcement de lien interassociatif via un fonds spécifique et le renforcement des acteurs de la santé, notamment de la santé mentale. L’association déplore un manque énorme d'experts, pédopsychiatres ou neuropsychologues qui peuvent travailler de façon plus concrète avec les acteurs de l'accompagnement.
Des postes supprimés
Patricia Chateneay-Rivauday constate que beaucoup de postes de professionnels de la santé au sein de l’éducation nationale ont été supprimés, notamment après la pandémie de Covid-19. Elle questionne :
Combien avons-nous de médecins scolaires actuellement sur le territoire de Guadeloupe ? Combien d'infirmiers scolaires avons-nous réellement besoin par rapport à ce qui existe encore ? Quelles sont leurs prérogatives ? Quand un enfant est en milieu scolaire, victime de situations de graves dangers et d'un danger sexuel, quelles sont les modalités d'urgence d'accompagnement pour cet enfant et les enfants témoins ?
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Ces propositions ont été communiquées aux parlementaires en charge de cette proposition de loi, mais aussi à tous ceux de Guadeloupe, avec cet accent mis sur nos spécificités territoriales. Patricia Chateneay-Rivauday décrit :
La députée Madame Carine Lebon, chargée de faire des propositions concernant nos territoires extra-hexagonaux, nous a dit qu'elle pensait plutôt faire du « diffus », c'est-à-dire inclure les articles spécifiques aux territoires extra-hexagonaux dans les articles généraux. Nous avons une vision qui consiste à dire que la violence concerne tout le monde, mais quand vous êtes en territoire avec double insularité ou avec des spécificités ou avec des manques, il faut les préciser.
L'archipel de Guadeloupe demeure l'un des territoires français les plus exposés aux violences intrafamiliales, avec un taux de 5,9 victimes pour 1 000 habitants (contre 3,8 au niveau national).
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