Cyberharcèlement visant Brigitte Macron : jusqu’à six mois de prison ferme prononcés contre les prévenus

Par 07/01/2026 - 05:16

Dix personnes étaient jugées à Paris pour cyberharcèlement à l’encontre de Brigitte Macron, accusées d’avoir diffusé ou relayé des propos insultants et des rumeurs portant sur son genre et sa relation avec le président de la République. Ce lundi 5 janvier, le tribunal a prononcé des peines allant jusqu’à six mois de prison ferme.

    Cyberharcèlement visant Brigitte Macron : jusqu’à six mois de prison ferme prononcés contre les prévenus
Brigitte Macron et Emmanuel Macron

La justice a tranché face à une infox devenue mondiale. Les cyberharceleurs de Brigitte Macron ont été reconnus coupables d’avoir participé à la diffusion de contenus jugés malveillants et dégradants. Les peines prononcées vont de simples sanctions éducatives à six mois de prison ferme.

Huit des dix prévenus ont été condamnés à des peines de quatre à huit mois de prison avec sursis pour avoir « publié ou relayé » des propos portant sur le genre et la « prétendue pédocriminalité » de la Première dame, selon les termes du président du tribunal, Thierry Donard, lors du délibéré.

Un des prévenus, absent à l’audience, a écopé de six mois de prison ferme. Le dernier a été condamné à un stage de sensibilisation et à une amende, sans peine de prison.

Dix accusés

Les profils considérés comme les plus influents sur les réseaux sociaux ont fait l’objet de sanctions plus lourdes. Qualifiés d’« instigateurs » par le procureur lors du procès, ils ont été condamnés à des peines avec sursis renforcées.

Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan, a été condamné à huit mois de prison avec sursis. La médium Amandine Roy et le galeriste Bertrand Scholler ont écopé de six mois avec sursis. Tous trois se voient également interdire l’usage de leurs comptes sur les réseaux sociaux pendant six mois.

L’ensemble des condamnés devra suivre, à leurs frais, un stage de sensibilisation au « respect des personnes dans l’espace numérique ». Une amende solidaire de 10 000 euros a également été prononcée.

À l’issue du délibéré, Me Jean Ennochi, avocat de Brigitte Macron, a salué l’importance des mesures éducatives :

L'important sont les stages de prévention et la suspension des comptes de certains des auteurs.

Seuls deux des dix prévenus, âgés de 41 à 65 ans, étaient présents lors du prononcé de la décision.

Brigitte Macron absente

Absente du procès, Brigitte Macron avait expliqué aux enquêteurs, lors de son dépôt de plainte fin août 2024, que la rumeur la présentant comme une femme transgenre avait eu « un très fort retentissement » sur elle-même et son entourage. Elle rapportait notamment que ses petits-enfants entendaient dire que « leur grand-mère est un homme ».

Dimanche soir, à la télévision, l’épouse du chef de l’État avait justifié son engagement judiciaire :

Moi, je me bats, à longueur de temps. Je veux aider les adolescents à se battre contre le harcèlement. Mais si je ne (...) montre pas l'exemple, ça va être difficile. 

Elle avait également déclaré :

On ne touchera pas à ma généalogie, on ne joue pas avec ça .

Lors du procès, sa fille Tiphaine Auzière avait évoqué l’impact de cette infox sur la santé de sa mère, décrite comme étant « en permanence sur le qui-vive » face à la remise en cause répétée de son « identité ».

De leur côté, plusieurs prévenus ont expliqué avoir été surpris de devoir répondre de publications qu’ils qualifiaient de « satiriques ». Ils ont invoqué la liberté d’expression ou le droit d’informer face à une vérité qu’ils estimaient « cachée ».

Une infox relayée à l’échelle internationale

Sur son compte X, aujourd’hui suspendu, Zoé Sagan avait qualifié l’écart d’âge entre les époux Macron de « crime sexuel » et de « pédophilie cautionnée par l'État ».

Amandine Roy est à l’origine d’une vidéo virale publiée en 2021, d’une durée de quatre heures, affirmant que Brigitte Macron n’aurait jamais existé et que son frère aurait pris son identité après un changement de sexe. Si elle avait été condamnée en première instance pour diffamation en septembre 2024, elle a été relaxée en appel le 10 juillet. Mme Macron s’est pourvue en cassation, estimant que cette vidéo avait largement contribué à amplifier la rumeur.

Autre figure centrale de cette affaire, le journaliste Xavier Poussard, absent du procès car résidant en Italie, a vu son dossier disjoint. Auteur du livre Becoming Brigitte (Devenir Brigitte), il est présenté comme l’un des instigateurs de cette infox mondiale.

L’ouvrage a notamment servi de base à une série de vidéos publiées par l’influenceuse américaine Candace Owens, contre laquelle le couple présidentiel a engagé des poursuites aux États-Unis. Plusieurs des prévenus jugés à Paris avaient relayé ces contenus, dont une couverture détournée du magazine Time présentant Brigitte Macron en « homme de l’année ».


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