Abattage des chiens errants pour protéger les troupeaux : un amendement critiqué par les défenseurs des animaux

Par 06/07/2026 - 13:51 • Mis à jour le 10/07/2026 - 07:25

Dans la nuit du 2 au 3 juillet, le Sénat a adopté l’amendement 604 pour les Outre-Mer dans le projet de loi de souveraineté agricole. Celui-ci autorise les préfets des ces territoires à ordonner des opérations d’élimination des chiens errants pendant des périodes de deux mois en cas d'attaques constatées.

    Abattage des chiens errants pour protéger les troupeaux : un amendement critiqué par les défenseurs des animaux

C’est loin de faire l’unanimité chez les organisations nationales de défense des animaux. En effet, le Sénat a récemment adopté un amendement qui autorise policiers, gendarmes, louvetiers et chasseurs à mener des opérations de grande ampleur pour tuer les chiens errants dans les territoires d’Outre-Mer.

Une décision que dénonce les militants de la cause animale, notamment l'association reconnue d’utilité publique Stéphane Lamart. Son président-fondateur en appelle à une « responsabilisation des propriétaires et à des campagnes de stérilisation dans nos territoires ». Stephane Lamart se désole :

Nous sommes profondément choqués par cet amendement. Le Sénat aurait dû créer une loi qui oblige à responsabiliser la population et mettre une amende à toute personne qui laisserait volontairement se reproduire les animaux sur voie publique. Il faut une prise de conscience locale.

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Une solution jugée inefficace

Le militant dénonce des moyens non seulement cruels, mais aussi inopérants pour régler la question des chiens errants. Une « réponse simpliste à un problème complexe dont les animaux sont les premières victimes » selon le communiqué publié par l’association. Stephane Lamart explique :

On euthanasie des animaux dans les fourrières, mais on ne traite pas le sujet du fond qui est l'errance animale. Le gouvernement pense le régler en détruisant volontairement les animaux à coups de fusil, mais il y aura toujours des personnes qui vont continuer à faire reproduire des animaux. La solution, c'est la castration et la stérilisation. Il faut qu'on se mette autour d'une table avec les acteurs locaux, avec les associations de protection animale, et avec les vétérinaires, et qu'on trouve mutuellement une solution plus humaine. C'est juste une question de bonne volonté.

L'Association Stéphane Lamart "Pour la défense des droits des animaux" demande le retrait de cette disposition et la mise en œuvre d'un véritable plan national de lutte contre l'errance animale dans les territoires ultramarins.

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Un amendement défendu par Catherine Conconne

La sénatrice de Martinique, Catherine Conconne figure parmi les signataires de cet amendement adopété au palais du Luxembourg.

C'est le fruit d'un gros travail avec nos agriculteurs parce qu'en amont de la présentation de cette loi, j'avais réuni toute la profession agricole parce qu'il est important que nos amendements et nos initiatives législatives remontent du terrain. Et parmi les amendements que j'ai présentés, il y a quelque chose qui concernait les chiens divagants et errants qui font beaucoup de mal à nos troupeaux et qui, malheureusement, butent sur des dispositifs légaux qui n'existent pas. C'est-à-dire, on ne peut pas faire certaines choses face à un animal, le préfet est limité. Il y a un dispositif qui permet au préfet d'agir et en tout cas de faire ce qu'il faut face à des troupeaux de chiens qui attaquent le bétail de nos agriculteurs. C'est important. Il y aura une réponse qui pourra être portée parce que jusqu'à présent, il n'y avait pas d'outil permettant à l'État d'agir ainsi

Elle estime que la position des associations de défense de la cause animale relève d'un manque de connaissance des réalités du territoire martiniquais :

Nos animaux sont élevés en liberté et il y a des meutes de chiens qui s'attaquent aux troupeaux de nos éleveurs. J'ai rencontré un éleveur la semaine dernière qui a perdu 121 bêtes en une nuit. J'ai vu des gens en larmes, abbatus, avec des entreprises arrêtées. Il y a énormément d'attaques de chiens chez nous et non ne peut aps laisser les éleveurs comme ça en leur disant "Tenez bon !". Ce n'est pas possible, il faut trouver une solution

Reste à savoir si le texte restera en l'état à son retour devant la commission mixte paritaire où il doit encore faire l'objet d'un débat avant son adoption définitive.


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