Enseignement en Outre-mer : les inégalités de financement entre public et privé persistent

Par 17/02/2026 - 19:10 • Mis à jour le 19/02/2026 - 05:20

Une étude inédite de la FNOGEC révèle un manque à gagner de 53,8 millions d’euros par an pour l’enseignement catholique en Outre-mer. Ce déficit, qui atteint près de 1 500 € par élève, contraint désormais les familles à compenser les carences du financement public.

    Enseignement en Outre-mer : les inégalités de financement entre public et privé persistent

La Fédération nationale des Ogec (FNOGEC) a publié une étude inédite sur le financement des écoles en Outre-mer, et le bilan est sévère. Il manque chaque année 53,8 millions d’euros pour assurer la scolarité des 36 700 élèves de l’enseignement catholique dans ces territoires. Ce déficit représente un manque de 1 489 € par enfant, loin de l'égalité de traitement prévue par la loi Debré.

Un déficit annuel de 54 millions d'euros

Si ces enfants bénéficient des mêmes droits que ceux de l’enseignement public sur le papier, la réalité est plus nuancée : leurs établissements reçoivent des financements nettement inférieurs.

À titre de comparaison, pour deux collégiens de même niveau préparant le même diplôme, les disparités de financement sont frappantes. Tandis qu'en Guadeloupe, la collectivité verse 1 101 € pour financer la scolarité d'un élève, un collégien de Martinique ne bénéficie que de 455 €, soit plus de deux fois moins pour une mission identique.

Cette situation s'explique par deux réalités majeures : l'absence de règle nationale uniforme, laissant chaque collectivité libre de ses propres calculs, et le fait qu'un tiers des élèves ultramarins ne sont tout simplement pas comptabilisés dans les effectifs officiels.

Des spécificités territoriales non prises en compte

Le système actuel présente des failles majeures : les élèves résidant hors de la commune de leur établissement ne sont pas comptabilisés, ce qui annule leur financement.

À cela s'ajoute la réalité économique propre aux Outre-mer : le coût de la vie élevé, la majoration des salaires ou encore l'entretien de bâtiments soumis aux normes anticycloniques. Ces charges réelles ne sont pourtant jamais intégrées dans les forfaits de dotation.

En bout de chaîne, ce sont les familles qui doivent compenser ce manque à gagner. Soixante-six ans après la loi Debré, qui garantit l'égalité de financement entre l'enseignement public et le privé sous contrat, l'équilibre promis reste encore hors d'atteinte dans les territoires ultramarins.


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