"On exige du respect" : le cri de colère se poursuit à Saint-Joseph pour plus de 80 animateurs privés de salaire
Privés de leurs salaires depuis le 10 février, les animateurs du RC Saint-Joseph durcissent leur mouvement. Ces derniers s'apprêtent à déposer un préavis de grève. Un service minimum est assuré dans les centres depuis ce mercredi 11 février, la colère monte face au silence de la mairie.
À Saint-Joseph, les animatrices du RC Saint-Joseph durcissent le ton et s'apprêtent à déposer un préavis de grève. En droit de retrait depuis ce mardi 10 février, le personnel d’animation territorial n’a toujours pas perçu son salaire. Pour ces agentes, la situation devient critique face à l'accumulation des factures impayées.
Plus de 80 animateurs sont actuellement concernés.
Après plusieurs échanges, un service minimum a été assuré depuis ce mercredi 11 février dans les centres Marceau Edouard et Jeanne Merton mais la colère gronde. Alors que les rémunérations sont attendues le 5 du mois avec une tolérance jusqu'au 10, la CGTM section animateurs a décidé d'intensifier le mouvement.
Le syndicat dénonce des retards récurrents et une absence de dialogue de la part de la mairie et du RC Saint-Joseph.
Moins de patience du côté des animateurs
Ces délais de paiement seraient officiellement dus à un dysfonctionnement technique sur Hélios, le logiciel de gestion de la direction des Finances Publiques.
Pour Rodolphe Mandé, secrétaire général de la CGTM animateurs, donne rendez-vous après le carnaval. Ce dernier, qui indique que les animateurs se retrouvent aujourd'hui dans une grande précarité, juge cette absence de solution scandaleuse :
Le personnel n'est pas payé. Nous demandons simplement à être reçus pour discuter et comprendre le problème, mais en face, ils jouent les barons. Je parle au nom des animatrices, du syndicat et des parents : on ne peut pas accepter que l’on écrase les gens ainsi. La mairie prétend que ses seuls interlocuteurs sont le RC Saint-Joseph et Monsieur Privat, mais malgré nos négociations avec le RC, dès que l'on fait deux pas en avant, on en recule de mille. Si la grève dure, ce ne sera pas la faute des syndicats ni des animateurs, mais celle de la mairie qui nous prend de haut. Les animateurs ont accepté d'assurer un service minimum dès le deuxième jour pour les enfants et les parents, et ce, alors qu'ils n'ont même pas de salaire. Il y aura un retour de bâton. C’est le carnaval pour l’instant, mais on verra bien après les jours gras.
Dialogue de sourds avec la mairie
Face au mépris affiché par les autorités, le représentant syndical durcit le ton et dénonce une fracture sociale devenue insupportable pour les travailleurs :
C'est révoltant de voir tant de parents sans ressources, incapables de payer une licence ou même de se nourrir, pendant que la hiérarchie sociale s'en moque éperdument. Ils refusent d'écouter le syndicat et le maire reste aux abonnés absents. Ces gens-là ne comprennent que le rapport de force : quand on leur parle avec courtoisie, ils nous méprisent. Nous sommes en plein conflit de classe : la haute société contre les prolétaires. Les animateurs sont les grands oubliés, payés en belles paroles et menacés pour reprendre le poste. On exige du respect. Nous avons tout fait pour instaurer un dialogue social, mais nous nous heurtons à un mur. En conséquence, je vais réunir les animatrices et le bureau de la CGTM pour changer de stratégie. La diplomatie ne fonctionne pas ici. Nous ne voulions pas en arriver là, mais s’ils veulent un préavis de grève, ils l’auront. Et la responsabilité en incombera uniquement à la mairie et au RC Saint-Joseph.
Josèphe Fixy, directrice-adjointe de l’école de Chapelle Lise-Désir Cartesse, décrit une situation dramatique pour les animatrices et les animateurs.
À ECOUTER Son témoignage de colère et de détresse
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