Braconnage : l’association Amazona réclame la protection urgente de la grive à pieds jaunes

Par 13/02/2026 - 13:21 • Mis à jour le 13/02/2026 - 13:25

L'association "Amazona" alerte sur des actes de braconnage sur le littoral nord-grande-terrien. En janvier 2026, un individu a été surpris en train de plumer une dizaine de grives à pieds jaunes, un oiseau rare, potentiellement endémique à la Guadeloupe, et dont la chasse est interdite sur l'archipel.

    Braconnage : l’association Amazona réclame la protection urgente de la grive à pieds jaunes
© Frantz Delcroix - Amazona Guadeloupe

L'association Amazona tire la sonnette d'alarme après une découverte révoltante sur le littoral nord-grande-terrien. Alors que la protection de la biodiversité est plus que jamais une priorité, un acte de braconnage a été constaté en flagrant délit à Anse-Bertrand.

Le 18 janvier 2026, un individu a été surpris alors qu’il plumait une dizaine de Grives à pieds jaunes, un oiseau dont la chasse est rigoureusement interdite dans nos îles.

Un pillage du patrimoine vivant

Face à cette atteinte grave au patrimoine naturel, une plainte contre X a été déposée. Anthony Lévesque, fondateur de l'association Amazona et témoin direct de la scène, revient sur cet événement avec une vive émotion :

Lors d'une sortie de découverte des oiseaux sur le rivage d'Anse-Bertrand il y a quelques semaines, nous avons été totalement stupéfaits de tomber, dès le départ de notre balade, sur un braconnier en train de nettoyer des grives à pieds jaunes en bord de mer. Cette vision nous a véritablement laissé sans voix puisque la chasse de cette espèce est strictement interdite depuis de nombreuses années. Il est fondamental de savoir que cet oiseau possède une valeur patrimoniale exceptionnelle : à l'échelle mondiale, il n'est présent que sur quatre îles, ce qui en fait une espèce endémique régionale. Plus encore, nous avons l'intime conviction que cette grive pourrait être une endémique stricte à la Guadeloupe et que chaque population insulaire des Petites Antilles possède ses propres spécificités. On la retrouve à Montserrat, en Guadeloupe, en Dominique et à Sainte-Lucie, bien qu'elle y ait quasiment disparu. Pour l'avoir personnellement observée en Dominique, j'ai pu constater qu'elle y est un peu plus petite, que son chant est différent et que son comportement diverge de celle de notre archipel. Il y a donc de fortes probabilités que nous soyons en présence d'une espèce endémique unique à la Guadeloupe, actuellement classée comme vulnérable selon les critères de l'UICN et gravement menacée par de tels actes de braconnage.

Des sanctions jugées trop légères à l'encontre des braconniers

Au-delà du constat de terrain, le président d'Amazona pointe du doigt les lacunes réglementaires qui empêchent une répression plus efficace de ces actes :

Malheureusement, et c'est ce que nous réclamons depuis très longtemps, la Fédération des chasseurs s'est opposée au classement de cette grive parmi les espèces protégées. Pourtant, le ministère de l'Environnement semblait favorable à cette mesure, mais la pression des chasseurs a empêché son inscription sur la liste officielle. Quand nous observons de tels comportements, cela renforce notre détermination à obtenir une protection intégrale. Actuellement, l'espèce est seulement sous moratoire, ce qui signifie que sa chasse est suspendue mais qu'elle n'est pas "protégée" au sens de la loi. En conséquence, cet acte n'est qu'une contravention de cinquième catégorie, ce qui est très différent d'un délit. Si l'espèce était protégée, le contrevenant risquerait jusqu'à trois ans de prison et 150 000 € d'amende. Une enquête est en cours et, si la personne est identifiée, elle risque certes une amende conséquente, mais pas de poursuites délictuelles. C'est précisément pour cette raison que nous demandons la protection intégrale et immédiate de cette espèce en Guadeloupe.


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