Université des Antilles : des experts réunis en table ronde sur la lutte contre le blanchiment et le narcotrafic

Par 17/04/2026 - 14:06

Réunis à l’Université des Antilles ce jeudi (16 avril), experts et institutionnels ont fait le point sur la lutte contre l’argent sale. Des records de saisies aux nouvelles procédures bancaires, les acteurs mobilisés intensifient leurs efforts pour démanteler les circuits financiers notamment issus du narcotrafic.

    Université des Antilles : des experts réunis en table ronde sur la lutte contre le blanchiment et le narcotrafic

Face à la recrudescence du narcotrafic sur nos territoires, comment lutter contre le blanchiment d’argent ?

C’était le thème d’une table ronde organisée ce jeudi (16 avril) à l’Université des Antilles, dans le cadre de son partenariat avec l’Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM).

Banques, chercheurs et institutionnels étaient réunis toute la journée pour parler aux étudiants, et au grand public de la réponse des autorités face à un fléau qui fragilise notre économie.

6 millions d’euros d'avoirs saisis

Le Groupe Interministériel de Recherche (GIR) de Martinique s’impose comme l’un des acteurs majeurs de la lutte contre le blanchiment d’argent. En 2025, ce service a réalisé des saisies records, avec plus de 6 millions d’euros d’avoirs criminels récupérés.

Ces fonds d'origine illicite sont réinjectés dans l’économie légale via plusieurs canaux privilégiés, notamment l’immobilier et les cryptomonnaies.

Selon Emmanuel Brick, commandant du GIR Martinique, les commerces de proximité brassant d'importantes sommes en espèces figurent également parmi les secteurs les plus exposés à ce phénomène :

Les commerces de proximité facilitent l'injection de l'argent sale dans l'économie légale. On retrouve aussi ce schéma dans le bâtiment via le travail dissimulé : des entrepreneurs cherchent des liquidités pour payer illégalement leurs salariés, tandis que les organisations criminelles, qui en regorgent, leur fournissent ces fonds. La location de voiture est également une source de préoccupation majeure.

Une coopération européenne renforcée

Les banques sont aussi mobilisées dans cette lutte. Pascal Facquer, correspondant outre-mer de l’ACPR (Autorité de contrôle des banques et assurances), souligne qu’une bonne surveillance repose sur une connaissance précise des clients.

L’objectif : détecter les modifications de comportement ou les opérations atypiques :

Prenons le cas d'une personne qui ne dépose jamais d'espèces : si elle commence soudainement à verser 500 €, puis 1 000 €, puis 2 000 €, cela interpelle. Bien que la circulation de cash soit plus importante en Outre-mer, ce type de changement brutal dans les habitudes de dépôt constitue un signal d'alerte.

Cindy Rubal Hoyer, présidente d’Axiess, société qui accompagne les banques et assurances dans le respect de la réglementation, estime que cette réglementation, déjà dense, se renforce d’année en année à l’échelle européenne :

L'enjeu est de déterminer comment la coopération transnationale entre les États peut s'organiser pour freiner les réseaux criminels. Il s'agit de s'adapter collectivement à l'imagination débordante de ceux qui cherchent à blanchir des capitaux.

L'enjeu est de taille : au cours de l'année 2025, les autorités ont intercepté 2,5 tonnes de drogues sur le territoire Antilles-Guyane, soulignant la nécessité d'une surveillance accrue.


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