La 26ème édition du « Konvwa Ba Réparasyon » démarre
La 26ème édition du "Konvwa Ba Réparasyon", s’élance ce dimanche (10 mai) de Sainte-Anne. Les participants vont traverser la Martinique en 10 étapes, pour rallier le Prêcheur le 21 mai.
Ce dimanche (10 mai), les participants de la 26 ème édition du "Konvwa Ba Réparasyon", s’élancent de Sainte-Anne. Une traversée de la Martinique en 10 étapes, afin de rallier le Prêcheur, lors de laquelle ils vont cheminer de nuit, à la lueur des flambeaux en mémoire des ancêtres esclaves.
En plus du combat pour les réparations des conséquences de la traite négrière, cette année, le Konvwa met l’accent sur la santé des populations afrodescendantes et le scandale du chlordécone aux Antilles. Il fera ainsi escale dans plusieurs communes du Nord frappées par cette pollution d’ampleur comme : Trinité, Sainte-Marie, Basse-Pointe ou encore Ajoupa Bouillon.
Le docteur Maurice Montézume fera partie du cortège. Selon lui, les autorités doivent amplifier la lutte contre l’empoisonnement de nos populations au chlordécone :
Lors de son déplacement en Martinique, le président de la République a dit qu'on ne doit absolument pas consommer de chlordécone. Il faut donc donner aux jeunes agriculteurs, les moyens d'avoir des terres non-contaminées, afin de produire de l'alimentation non-contaminée aux Martiniquais. Pour éviter que ce poison ne soit transmis aux enfants.
Une première reconnaissance de l'ONU
Garcin Malsa, le leader du Mouvement International pour les réparations et instigateur du Konvwa, se félicite de la résolution prise en mars dernier : l’ONU reconnait l’esclavage comme crime contre l’humanité et exhorte les anciens états esclavagistes à réparer. Toutefois, au-delà des mots, il faut selon lui des actions concrètes :
Le problème est majeur en Martinique et en Guadeloupe. Depuis très longtemps, nous connaissons les descendants d'esclavagistes, qui ont largement profité de tout ce que leur ont laissé leurs ascendants. Nous leur demandons de faire le geste qu'il faut : non pas de s'excuser, mais de faire en sorte de réparer, de façon matérielle et financière. C'est l'objet des sommations que nous avons faites les 30 avril 2025 et 2026, à tous les descendants d'esclavagistes se trouvant sur les territoires de Martinique, de Guadeloupe, de Guyane et de la Réunion.
Une réparation au niveau sanitaire
Durant les étapes du Konvwa, le docteur Maurice Montezume animera plusieurs conférences autour de la santé des martiniquais. Selon lui, la question de la réparation se pose aussi au plan sanitaire car certaines pathologies chroniques dont souffre la population antillaise sont directement héritées de l’esclavage :
Le diabète et l'hypertension, deux pathologies très présentes dans nos territoires, viennent directement de l'esclavage. À l'époque, on mangeait salé parce qu'il fallait conserver les aliments dans le sel. Par ailleurs, en période de pénurie, les esclaves mangeaient beaucoup de canne à sucre pour compléter leur alimentation.
Les participants sont attendus dès 17 heures ce dimanche (10 mai), à l’Espace Eugène Mona à Sainte Anne, pour des prises de parole. Le départ de la marche est prévu à 19 heures, et l’arrivée le 21 mai au Prêcheur.
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