[Série - Trésors en commune] À Basse-Pointe se trouve le centre culturel Antoine Tangamen dit Zwazo
[EPISODE 12/34] Durant les grandes vacances, la rédaction de RCI vous emmène à la (re)découverte de la Martinique à travers sa série « Trésors en commune » : chaque jour, du lundi au vendredi, cap sur une commune différente pour découvrir un lieu ou une activité qui vaut le détour. Ce mercredi, l’arrêt est à Basse-Pointe.
Installé sur les ruines de l'habitation Gradis, le site est depuis 2015 propriété de la Collectivité territoriale de Martinique. Le centre culturel a ouvert ses portes au public en 2018, avant d'être baptisé « Antoine Tangamen dit Zwazo » en 2020.
Notre journaliste Clara Vincent y a rencontré Néyssi Delvécchio, médiatrice culturelle, et Ina Gémieux, directrice du centre.
Une habitation sucrière du XVIIIe siècle
La visite démarre sur la véranda du centre culturel, avec ses carreaux d'époque et l'encadrement de ses portes en roches volcaniques. Le centre s'est installé dans l'ancienne maison de maître de l'habitation Gradis, dont Néyssi Delvécchio retrace l'histoire.
C'est une habitation-sucrerie qui date du début du XVIIIe siècle. Elle appartenait à une famille qui s'appelait Prune du Vivier, notamment un homme du nom de Mathieu, qui était consul au Parlement de Bordeaux. Mathieu va commencer à faire du commerce avec une famille de négociants, elle aussi originaire de Bordeaux : les Gradis. Il va s'endetter, et il va par la suite vendre l'habitation. Le dernier propriétaire de la famille Gradis décide de permettre à toutes les habitations du coin d'amener leurs cannes ici. Vous voyez, quand vous arrivez, ces magasins de sucre sont toujours là. Et l'usine reste ouverte jusqu'en 1964.
Valoriser le patrimoine
C'est en 2015 que la Collectivité territoriale de Martinique fait l'acquisition de l'habitation, avec un objectif que rappelle Ina Gémieux, directrice du centre culturel.
Cette acquisition s'est faite, bien sûr, pour pouvoir se réapproprier l'espace, proposer un lieu de culture, un lieu de valorisation de notre patrimoine. Et puis un lieu aussi où on va pouvoir faire du relais de programmation culturelle. C'était, au début, dans l'optique d'en faire un SERMAC.
Deux ans plus tard, en 2020, le centre culturel est renommé en hommage à un homme dont l'histoire est intimement liée au site : Antoine Tangamen.
Sur le centre, il y a un temple hindou, encore en activité d'ailleurs, géré par des familles qui s'occupent des cultes hindous. Sur cette habitation vivait un homme qui s'appelait Antoine Tangamen, qui a également été prêtre vatialou et qui, du coup, traduisait les cultes hindous. Rendre hommage à cet homme, à sa famille et à la communauté indienne, c'est aussi une façon de se réapproprier l'histoire, de se réapproprier le site. Ça nous permet aussi de valoriser tout ce syncrétisme culturel, cet héritage qui façonne aussi l'identité martiniquaise.
Aujourd'hui, le site propose des expositions temporaires et des évènements culturels, dont le festival des soupes, prévu cette année le 8 août prochain. Il abrite également ce temple hindou toujours actif, ainsi qu'une rue case-nègre toujours habitée.
Le centre culturel Antoine Tangamen dit Zwazo est ouvert toute l'année, du lundi au vendredi de 8h à 17h. L'entrée est gratuite durant toutes les vacances. Une billetterie devrait être mise en place à partir de septembre.
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