De l'exclusion à l'immobilisme : la double peine des stagiaires de l’École de la Deuxième Chance

Par 14/09/2026 - 15:45

Situé à Rivière-Salée, l’Ecole de la Deuxième Chance (E2C) accompagne chaque année une centaine de jeunes de 16 à 30 ans, sortis du système scolaire et souvent sans qualification. Mais le manque de transports en commun depuis la rentrée empêche les élèves de rejoindre leur établissement.

    De l'exclusion à l'immobilisme : la double peine des stagiaires de l’École de la Deuxième Chance
La directrice de l'Ecole de la Deuxième Chance, Jill Octavia @RCI

Depuis la rentrée, les absences se multiplient à l’Ecole de la Deuxième Chance (E2C) : faute de pouvoir rejoindre l’école à cause du manque de transports en commun, certains stagiaires tentent le stop, cherchent une solution sur les plateformes de covoiturage ou sollicitent leurs proches. Une situation préoccupante, qui fragilise la chaîne d’apprentissage.

Jill Octavia, la directrice de l’école de la deuxième chance Martinique Sud, déplore :

40% des jeunes qui devaient rentrer à l'École de la Deuxième Chance Martinique Sud n'ont pas pu accéder au site. Sur 42 stagiaires qui devaient continuer leur parcours, nous n'en avons reçu que 12. Les jeunes qui arrivent jusqu'à nous sont des jeunes qui ont des parents qui peuvent les déposer, ou qui ont eux-mêmes un véhicule, mais ils sont très peu nombreux puisqu'on accueille majoritairement des jeunes issus de milieux pas très favorisés.

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Une nouvelle fois abandonés

Des jeunes déjà issus de milieux défavorisés, et qui n’ont pas toujours les moyens de s’octroyer le permis de conduire ou un véhicule. Le service public des transports en commun est pour eux essentiel.

Pour Jill Octavia, le risque de décrochage scolaire est d’autant plus important. Elle explique :


On a des jeunes qui ont disparu, qui se sont découragés parce qu'ils ont suivi un parcours pendant de longs mois. Ils se sentaient prêts. Il y avait aussi tous ceux qui avaient terminé leur parcours au mois de juillet, qui avaient trouvé un emploi, qui rentraient enfin dans le monde du travail et qui se retrouvent encore empêchés. Ce sont des jeunes qui ont connu des parcours semés d'embûches. Donc, ils se sont accrochés, ils ont voulu y croire. Et aujourd'hui, ils sont en colère parce que ce qui les empêche, ce n'est pas une absence de motivation, de volonté de leur part, d'efforts. Ce sont des services publics qui ne sont pas assurés. Ils se sentent encore une fois abandonnés.

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