« Il faut vraiment faire une analyse de la société martiniquaise » : le syndicat Alliance Police Nationale déplore la recrudescence des violences armées

Par 14/09/2026 - 14:19 • Mis à jour le 14/09/2026 - 14:29

Fusillades, tentatives de braquages, saisies… Alors que les armes à feu sont au cœur de nombreux faits de violence depuis une quinzaine de jours, le syndicat Alliance Police Nationale dénonce un manque d’effectifs au sein des services de police, mais aussi des causes structurelles encore trop peu traitées pour expliquer la recrudescence de la violence en Martinique.

    « Il faut vraiment faire une analyse de la société martiniquaise » : le syndicat Alliance Police Nationale déplore la recrudescence des violences armées
Image d'illustration Shutterstock

L’escalade des violences armées a été marquée par la mort de deux très jeunes hommes en moins de dix jours. Le 31 août, un jeune de 18 ans a été abattu en plein bourg du Lamentin. Moins de dix jours plus tard, un adolescent de 16 ans était tué par balle au François.

A lire aussi : Violences armées en Martinique : deux très jeunes hommes tués en moins de dix jours, les fusillades et les vols violents se multiplient

Face à cette recrudescence, le syndicat Alliance Police Nationale pointe notamment le manque d’effectifs pour traiter les procédures judiciaires. Thierry Baucelin, son secrétaire territorial, déplore :


Ça paraît spectaculaire pour le commun des mortels, mais c'est notre quotidien. Nous devons faire face à des difficultés d'effectifs, ne serait-ce que pour le traitement des procédures. Nous sommes actuellement à environ 175 officiers de police judiciaire. En 2022, nous étions à 209. Avec un quotidien pareil, vous pensez bien que ça nous désole surtout pour les victimes, qui attendent une réponse rapide.

A lire aussi : Synergie Officiers aux Antilles-Guyane : « l'hyperviolence est devenue le quotidien de nos concitoyens »

"Il faut que le peuple martiniquais se ressaisisse"

Un manque d’effectifs au sein de la police, mais aussi des problèmes structurels dont il faut trouver la cause. Il poursuit :

Il y a un sérieux problème, car c'est tout le territoire qui est impacté. On craint que ça n'aille pas en s'améliorant. Il y a sans doute des décisions politiques à prendre en termes d'éducation ou d'accompagnement à la parentalité. Et là, ce n'est pas du fait ni de la police ni de la justice. Il faut que le peuple martiniquais se ressaisisse, qu'il puisse en tout cas essayer d'éviter ce genre de dérapage. Certes, il y a sans doute une économie souterraine, des problèmes de narcotrafics, qui peuvent conduire à ces dérives, mais il n'en reste pas moins qu'il faut vraiment qu'on fasse une analyse sur la société martiniquaise.

A lire aussi : « On n'est plus en sécurité » : le choc après un braquage à main armée à Morne Lavaleur au Saint-Esprit

Avec un bilan qui s'alourdit à 20 homicides depuis le début de l'année, dont 19 par arme à feu, la Martinique traverse une crise sécuritaire critique. Les scènes de fusillades à répétition, des quartiers de Fort-de-France aux communes rurales, témoignent d'une circulation d'armes sans précédent sur le territoire.


√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.

Tags

À lire également