Projection du film “Zion Léritaj” : des élèves de 3ième sensibilisent à la délinquance
Lundi soir (6 juillet), un court-métrage de 22 minutes réalisé par les élèves de 3ième option créole du collège Paul Symphor au Robert, a été projeté au cinéma Madiana. Un projet pédagogique porté par le conseil local de sécurité et de prévention à la délinquance.
C’est l’aboutissement d’une année de travail et de prévention à la délinquance, aux trafics d’armes et aux stupéfiants. Le court-métrage « Zion Léritaj », réalisé par des élèves de troisième, imagine la suite des aventures de Zion, le nourrisson héros du film éponyme, sorti au cinéma l’an dernier.
Soutenu par l’état et la ville du Robert, 46.000 euros de budget ont été nécessaire pour la réalisation du film.
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Un succès qui, néanmoins, n’a pas laissé indifférent. Pour Julie, élève de 14 ans, cette aventure devant les caméras a été une véritable expérience d'apprentissage.
Je pense que tous les jeunes qui ont joué dans ce court métrage, ont appris à dire non au trafic de puffs ou de stupéfiants dans les collèges. Et j'ai appris que ça peut avoir un impact sur notre vie ou même sur nos familles.
« conscientiser et responsabiliser les jeunes »
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À l'origine de cette initiative, Richard Gustand, coordinateur du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance de la ville du Robert. Son objectif : faire prendre conscience à ces jeunes qu'ils sont les acteurs de leur propre destin.
L'idée était vraiment de permettre aux jeunes de conscientiser leur rôle et leurs responsabilités dans la société et qu'ils comprennent qu'ils sont face à des choix, qu'il va falloir faire attention aux choix qu'ils font parce que ceux-ci peuvent très vite nous amener à des conséquences très dramatiques.
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En plus de la réalisation du court métrage, les élèves ont pu assister à des audiences au tribunal et échanger avec les différents acteurs. Une démarche de sensibilisation aux violences et à leurs conséquences, comme l'explique Ingrid Moutamalle, professeure de lettres et de créoles au collège Paul Symphor :
Ils (les élèves) se rendent compte que tout acte entraîne des conséquences. Et quand ils arrivent au tribunal et qu'ils voient qu'il y a eu un trafic et qu'ils entendent les peines encourues, ou le fait d'assister à une comparution immédiate, ça déclenche forcément quelque chose en eux.
De nombreuses aptitudes travaillées
Ingrid Moutamalle explique en quoi ce projet pluridisciplinaire est pertinent pour les élèves :
Ça fait partie des compétences pédagogiques attendues dans nos programmes officiels, en français comme en créole. Écrire la suite d'une histoire, comprendre un film. Étant donné que le film a été réalisé en français et en créole, on a pu travailler les compétences orales et écrites dans les deux langues.
Des compétences linguistiques donc, mais pas seulement. Car être devant la caméra n’est pas chose facile. Elle précise :
Participer un tournage n'est pas quelque chose de simple, puisqu'il a fallu vaincre sa timidité, parfois répéter des scènes plusieurs fois. Donc beaucoup de compétences psychosociales qui ont été travaillées, comme la patience, comme l'écoute, la confiance en soi. Ils ont tout fait. Ils sont auteurs de « léritaj » puisque c'est eux qui ont imaginé la trame et qui ont travaillé sur les scènes.
Un travail de longue haleine, que la professeure ne manque pas de féliciter :
Je suis spectatrice de cette réussite, même si c'est vrai que quand on monte un projet, on y croit, mais j'ai vraiment été bluffée parce que les élèves étaient motivés. Ils se sont vraiment donnés à fond. En tant qu'enseignante, c'est vraiment une fierté de voir l'aboutissement de ce projet aujourd'hui. L'enseignant n'a rien gagné en plus pour faire tout ça. Elle a donné de son temps, de son énergie. C'est une passion pour moi, l'enseignement, et je donne de ma personne.
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Le préfet de la Martinique Étienne Desplanques salue par ailleurs le travail de prévention mené autour du projet. Il affirme :
Ce n'est pas uniquement un court métrage, c'est aussi tout un parcours de rencontres avec les acteurs de la sécurité de la justice, ce qui a permis aussi aux jeunes de réfléchir à la loi, son sens, au respect de la règle etc... Et ce qui est étonnant, c'est qu'ils sont en troisième et ils ont gagné une maturité qui est assez incroyable, probablement parce que ces rencontres les ont aussi touchés, les ont fait réfléchir sur eux-mêmes et découvrir probablement que la vie est faite de choix. Et personne n'est forcément assigné à aller dans un parcours de délinquance. À tout moment, on peut aussi faire les meilleurs choix pour préserver la vie. Et ça, je trouve que c'est vraiment un très beau message qui a été saisi par ces jeunes qui sont pourtant des jeunes de 13 ou 14 ans. C'est incroyable de voir leur maturité.
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Une expérience utile pour ces jeunes collégiens, dans un contexte de hausse de la violence et d’accès facile aux armes à feu aux Antilles. Ils expriment après la séance :
Des simples petits choix peuvent influencer notre vie, comme mon ami Zion qui a fait le mauvais choix, justement. Ce film apporte surtout le message qu’il ne faut pas suivre les autres. Je retiens que parfois, les bons payent pour les mauvais. Et que comme dans le film, il ne faut pas toujours suivre les personnes qui t'influencent. Il faut savoir dire non dans la vie. Parce que si tu dis toujours oui, tu ne vas pas aller très loin.
Ça m'a fait une prévention contre les trafics. Je ne savais pas que ça pouvait aller aussi loin, que les trafiquants à l'école pouvaient aller jusqu'aux centres de détention. Pour moi, c'était juste conseil de classe ou conseil de discipline.
Prochain rendez-vous pour ces jeunes sera le 10 juillet au Hall des Sports de mansarde, au Robert, où le film sera projeté gratuitement. Une projection plus que primordiale, à l’heure où la Martinique connaît un niveau record d’homicides, dont le narcotrafic et le trafic d’armes constituent le principal moteur.
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