Martinique Recyclage modernise son centre de tri pour traiter tous les emballages en plastique et papier
Le centre de tri de Ducos a inauguré ses nouvelles installations ce mercredi 15 avril. Grâce à un investissement de deux millions d’euros, le site peut désormais traiter l’intégralité des emballages plastiques et papiers, accompagnant ainsi l'évolution des consignes de tri simplifiées en vigueur depuis le début de l’année.
L’entreprise Martinique Recyclage a inauguré, ce mercredi 15 avril, son centre de tri de nouvelle génération. Ce site modernisé permet désormais la prise en charge de l’intégralité des emballages plastiques et papiers du territoire.
Cap vers les 11 000 tonnes d'ici 2030
Grâce à cet outil de pointe, Martinique Recyclage affiche des ambitions de croissance soutenues : après avoir traité 6 000 tonnes de déchets en 2025, la structure vise un objectif de 9 000 tonnes dès la fin de l'année en cours, pour atteindre 11 000 tonnes à l'horizon 2030.
Cette évolution technique s'inscrit dans le cadre de la nouvelle réglementation en vigueur depuis le 1er janvier 2026.
Les consignes de tri ont été considérablement simplifiées pour les usagers : désormais, tous les emballages sans exception sont valorisables.
Pots de yaourt, barquettes, paquets de chips ou films plastiques doivent systématiquement être déposés dans le bac jaune.
Moderniser le tri pour alléger nos poubelles
Pour traiter ces nouveaux déchets et adapter le centre de tri, deux millions d’euros de travaux ont été réalisés et financés à 100% par l’éco-organisme Citeo.
Cette étape doit s’accompagner d'une sensibilisation de la population car les erreurs de tri sont encore très fréquentes. Claire Chignoli, ingénieure spécialisée dans les déchets à l’Ademe :
En Martinique, nos poubelles sont encore composées pour un tiers de biodéchets qui pourraient être compostés ou collectés, et pour un autre tiers de 130 kilos d'emballages qui devraient déjà se trouver dans la poubelle jaune. Nous pourrions avoir des bacs trois fois plus petits et, même si nous avons conscience que le tri parfait n'existe pas, nos marges de manœuvre restent très fortes. Alors qu'auparavant nous triions les bouteilles mais pas les briques alimentaires, la seule question à se poser aujourd'hui est simplement de savoir si l'objet est un emballage. Si c'est le cas, il doit aller dans la poubelle jaune, à l'exception du verre qui fait l'objet d'une collecte séparée. Cette distinction est essentielle puisque la présence de verre cassé dans les centres de tri n'est pas compatible avec les opérations de tri manuel effectuées par les agents.
Autrefois destinés à l'incinération, les pots de yaourt, les briques alimentaires ou les paquets de chips sont désormais acheminés vers le centre de tri de Ducos dès lors qu'ils sont déposés dans la poubelle jaune.
Sur place, de nouveaux équipements automatisés assurent désormais leur prise en charge. Cette automatisation transforme radicalement le travail sur place, explique Lenaïc Allebe, responsable d’exploitation :
On ne sépare plus les bouteilles transparentes, les bouteilles foncées, les bidons de Javel. Tout va ensemble. Il y a moins de mouvements parce qu'il y a moins de choses à trier sur la ligne. On va beaucoup plus vite. Il y a quand même un geste à faire, c'est-à-dire qu'on met le plastique souple au niveau de la bouche d'aspiration. Ça, c'est nouveau pour nous.
Des défis d'avenir pour le tri local
Une fois compactés en ballots, ces déchets plastiques et papiers sont envoyés en Hexagone. Philippe Moccand, directeur schéma industriel et outre-mer chez Citeo, détaille ce parcours :
On met ça dans un comptoir maritime et c'est envoyé dans les centres de tri qu'on a construit. On en a construit quatre qui vont séparer toutes les fractions de plastique : le pot de yaourt d'un côté, les barquettes d'un autre côté, les bouteilles qui sont encore dans un autre côté. L'objectif, c'est de créer des filières de recyclage derrière.
Qui dit plus de déchets à recycler dit besoin de plus de place. Martin Brichant, directeur de Martinique Recyclage, alerte sur la nécessité d'anticiper les infrastructures de demain :
Après 2030, si on suit l'exemple de l'Hexagone, on sera trop petit. Il faudra donc un nouveau centre de tri. On va y travailler sérieusement en collaboration avec les collectivités. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'on est un centre de tri 100% privé. Si on n'a pas de l'aide comme là actuellement avec Citeo, c'est compliqué de pouvoir construire un nouveau centre de tri. Déjà, rien qu'au niveau du foncier, c'est compliqué. Ce que préconisent les co-organismes dont Citeo, c'est que les collectivités construisent un nouveau centre de tri public, mais qui soit géré par un privé. C'est le cas en Guyane.
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