La parole autour du plaisir féminin des Martiniquaises se libère-t-elle vraiment ?
L’association féministe Culture et Égalité, organise, ce samedi (31 mai) à 16h, une rencontre afin de libérer la parole des femmes sur leur sexualité. Les échanges seront dirigés par la sexologue Pascale Benoît.
Du slogan « jouir sans entrave » de mai 68 à la série « Sex and the city » (1998-2004) diffusée à la fin des années 90, jusqu’à l’essor des discours « sex positive » sur les réseaux sociaux, où en est la sexualité des femmes en 2025 ?
Pour George Arnaud, fondatrice de l’association Culture Egalité, en Martinique, la parole ne s'est pas tant libérée que cela, sur un territoire où l’intimité ne s’expose pas dans la sphère publique.
La sexualité des femmes reste tabou, de même que la connaissance de son corps. Cet événement va nous permettre d’amener les femmes à parler très clairement de leur corps, de leur intimité, de leur plaisir et c’est important car cela fait partie de l’épanouissement et du développement des femmes.
C'est pour installer une atmosphère propice au débat que Culture Egalité a souhaité organiser une rencontre intitulée « Mystère et boules de Geisha », animée par la sexologue Pascale Benoît.
Une affaire privée
Alors que, dans l’Hexagone, les femmes avouent perdre un peu d’intérêt pour le sexe (selon une étude menée par l’Ifop), les dynamiques sont peut-être un peu différentes en Martinique.
Selon Virginie, gérante de Tendre’S, un des lovestore de l’île, la demande est importante.
Il y a une affluence à Noël, au Nouvel An, évidemment à la Saint-Valentin et au carnaval parce que nous vendons des accessoires à ce moment-là. C’est un peu comme les autres magasins de l’île finalement. Il y a tout type de clientèle mais en général, ils se sont déjà un peu renseignés avant sur leur désir. Quand ce sont des clientes, il n’est pas rare de comprendre qu’elles viennent pour mettre un peu de piment dans leur couple. Les hommes, eux, semblent avoir une utilisation plus proche du sex shop que du lovestore.
Des pratiques qui évoluent
Selon un sondage Ifop, en 2019, 73% des Françaises ont pris du plaisir en se masturbant, 43 % d’entre elles, en utilisant un vibromasseur.
Alors véritable libération des mœurs ou effet de mode ? Pas si simple de répondre.
En 2024, dans un contexte général d’évolution des rapports entre les genres, l’INSERM (l'Institut national de la santé et de la recherche médicale) faisait état de rapports sexuels moins fréquents, mais plus diversifiés.
Un constat qui pourrait s’expliquer par une vigilance accrue des femmes envers leur propre désir et la notion de consentement.
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