Autorité unique de l'eau : la CTM entend passer à la vitesse supérieure

Par 03/06/2026 - 12:18 • Mis à jour le 03/06/2026 - 12:19

Cinq mois après le vote unanime de l'Assemblée de Martinique, la CTM et les trois communautés d’agglomération se sont réunies pour faire avancer la création de l'autorité unique de l'eau. Objectif : coordonner les investissements pour réparer les réseaux et harmoniser les prix sur le territoire.

    Autorité unique de l'eau : la CTM entend passer à la vitesse supérieure

Depuis le vote à l’unanimité de l’Assemblée de Martinique le 5 janvier 2026 en faveur de la création de l’autorité unique de l’eau et de l’assainissement, la CTM et les trois communautés d’agglomération affichent une volonté commune de parler d’une seule et même voix.

Les représentants de la Collectivité Territoriale de Martinique et des EPCI se sont retrouvés ce lundi 1er juin 2026, à l’hôtel de la CTM à Cluny.

Cette rencontre visait à faire un point d’étape sur la « convention-cadre » fraîchement signée et à planifier les prochaines actions concrètes menant à la mise en œuvre effective de cette autorité unique.

Une dynamique unitaire

Interrogé sur les retombées directes de cette réforme pour la population, Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM, met en avant une souveraineté décisionnelle inédite :

Cette démarche donne la possibilité, premièrement, de construire l'encadrement juridique, financier, fiscal et technique de la production et de la distribution de l'eau. Ce n'est pas ce qu'on nous dicte depuis Paris, c'est ce qu'on fait ici nous-mêmes, puisque la loi sera votée en Martinique. C'est une petite révolution. Généralement, on est suspendu à la virgule de l'Assemblée nationale. On va sortir de cette virgule mentale pour entrer dans une production locale. On a trois ans pour discuter, débattre sur comment  faire et la nature de l'opération. La deuxième chose : cela va nous permettre d'avoir une production unique et une distribution unique de l'eau. Quand vous avez plusieurs prix de l'eau dans une île qui fait 1 100 km², ça n'a vraiment pas de sens.

L'urgence des infrastructures

Le président du conseil exécutif de la CTM précise que l’enjeu principal est désormais d’endiguer les fuites d’eau et de réparer l’ensemble des infrastructures.

Il insiste sur la nécessité absolue de centraliser les financements pour réparer les canalisations défaillantes :

On veut investir dans le sens de l'autorité unique de l'eau, c'est-à-dire coordonner l'ensemble des investissements pour qu'on arrête avec les fuites. On a des réseaux où 40% de l'eau produite part dans la terre parce qu'il y a des trous dans les tuyaux. Dans le Sud, un peu moins, mais dans le Centre beaucoup, et dans le Nord un peu. On avait aussi besoin d'investissements structurants, d'équipements à la fois sur l'assainissement, mais aussi sur l'eau pour la production, la distribution et des outils de mise en cohérence. Nous savons qu'on a fait un travail énorme sur Séguineau pour réparer définitivement le site. Ça a été fait. Dans ce cadre-là, on a mis sur la table, avec l'État et nos partenaires, 95 millions d'euros d'investissements possibles. C'est une très bonne nouvelle : on a déjà eu 65 millions d'euros de réalisés, ce qui fait près de 70 à 76%.

Une concertation par secteur

Cette autorité unique de l’eau va permettre de lisser les divergences et d’investir pour continuer à réparer le réseau de distribution, notamment sur le secteur de la CACEM.

Didier Laguerre, maire de Fort-de-France, souligne les opportunités offertes par cette synergie territoriale :

Cette nouvelle gouvernance au niveau de la CACEM va nous permettre de continuer à travailler sur le redressement d'Odyssi, et sur l'étroite collaboration à maintenir entre les équipes administratives et politiques de la CACEM et celles d'Odyssi. On a rédigé ensemble une feuille de route pour nous permettre à la fois de redresser financièrement Odyssi, mais aussi de faire face aux besoins de travaux sur l'ensemble du réseau. Parallèlement, cela va nous permettre de mener les discussions avec l'Espace Sud pour régler les divergences d'approche sur la mise à disposition des usines et de l'eau concernant les deux usines du Directoire et de Rivière Blanche.


√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.

Tags

À lire également