Fin du blocage au chenal de Pointe-à-Pitre : « Il va falloir qu'ils nous entendent », préviennent les pêcheurs

Par 03/06/2026 - 13:02

Après une journée de blocage ce mardi 2 juin au chenal de Pointe-à-Pitre, les marins-pêcheurs ont levé leur mouvement en fin d'après-midi. Une réunion est programmée le 9 juin prochain en préfecture avec l'ensemble des acteurs concernés pour examiner leurs revendications.

    Fin du blocage au chenal de Pointe-à-Pitre : « Il va falloir qu'ils nous entendent », préviennent les pêcheurs

C'est la fin du blocage des pêcheurs au chenal de Pointe-à-Pitre, après une mobilisation dès l’aube ce mardi (2 juin), le blocage a été levé à 17 heures le même jour.

Prix de l’essence, algue rouge, sargasses... Les problématiques rencontrés ces derniers mois par les pêcheurs sont nombreuses.

Ces derniers ont pu les rappeler au directeur de la mer venu à leur rencontre.

Une réunion avec tous les acteurs concernés aura lieu le 9 juin prochain. Ernesto Saint-Phor, un des pêcheurs mobilisés, attend des avancées concrètes :

On a fait part de toutes nos doléances, de toutes nos problématiques. Il a écouté attentivement et a acté de mettre autour de la table d'autres intervenants que nous avons demandés. Nous avons une montagne de revendications, il va falloir qu'ils nous entendent. Le rôle du directeur de la mer est de réunir les différents acteurs afin de prendre des décisions pérennes. L'idée n'est pas de lever le blocage pour devoir revenir demain.

Une concertation indispensable

Revenant sur les réponses apportées par les autorités face à ce coup de force, François Xavier Richard Rendolet, directeur de cabinet du préfet de région, et invité du journal de 7H présenté par Laura Latchan ce mercredi 3 juin, explique comment s'est noué le contact :

Quand on a constaté la mobilisation dès l'aube à Pointe-à-Pitre, le directeur de la mer s'est rendu sur place, comme vous l'avez dit. Il a échangé avec eux. Ils avaient différentes revendications qui portaient notamment sur le prix du carburant, sur d'autres affaires, typiquement les algues rouges ou les quotas de pêche. Donc, différentes demandes auxquelles, évidemment, il n'est pas possible d'apporter une réponse immédiate parce que ça demande de la concertation et des discussions. Il a donc été proposé qu'ils puissent participer évidemment à la réunion de mardi avec le secrétaire général aux affaires régionales de la préfecture. Et à leur demande, nous allons convier également le conseil départemental, le conseil régional ainsi que la Sara, pour qu'ils puissent participer aux discussions sur ces sujets-là.

Le problème du carburant

Concernant la hausse du carburant et la mise en place de l'aide de 35 centimes pour le mois de juin, le directeur de cabinet admet sans détour que cette mesure ne règle pas tout, tout en rappelant le contexte économique global :

Évidemment, pour eux, ce n'est pas quelque chose de suffisant. Après, il faut bien voir que le carburant augmente pour différents segments de la population. Les marins-pêcheurs bénéficient d'un régime plutôt avantageux, mais c'est vrai que les augmentations fréquentes et, depuis quelques mois, régulières du prix du carburant ont un effet sur leur activité et ça, on le comprend très bien. C'est pour cela qu'il faut en discuter avec tous les acteurs concernés pour essayer de voir quelles aides peuvent être apportées. C'est ce qu'ils ont demandé en particulier hier.

« On comprend leur colère »

Interrogé sur la légitimité de ce mouvement et sur l'impact de la future table ronde, le représentant de l'État partage son analyse entre empathie pour la profession et fermeté sur le respect de l'ordre public :

On comprend leur colère et les difficultés. C'est un secteur qui souffre. Ils nous ont beaucoup parlé des sargasses, c'est un problème pour toute la Guadeloupe. Ils ont parlé des algues rouges, des quotas de pêche avec une ressource qui se fait de plus en plus rare. La ressource halieutique, elle est effectivement en déficit dans le monde entier. Donc évidemment, c'est un secteur qui est en difficulté. Mais l'État est là pour aider, pour accompagner, pour comprendre et pour discuter. Cela dit, j'attire l'attention aussi des pêcheurs qui nous écoutent sur le fait qu'il y a un comité des pêches que l'État estime représentatif et avec lequel on discute très régulièrement. Donc l'action d'hier, qui a été menée de manière un peu éruptive, a eu des conséquences sur l'ordre public et en termes de risques sur l'eau. On a quand même un pétrolier qui se présentait à 6h00 du matin dans le port de Pointe-à-Pitre, qui a vu d'un coup des pêcheurs arriver devant lui. Ça aurait pu être une situation extrêmement dangereuse. Donc on comprend la colère, mais il faut aussi rappeler qu'il y a la sécurité en mer et la vie quotidienne des Guadeloupéens.


√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS GUADELOUPE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.

Tags

À lire également