Un mandat d'arrêt prononcé à l'encontre l'ancien directeur d'Odyssi après sa condamnation
La justice a lancé un mandat d'arrêt à l'encontre de Jean-Max Coranson-Beaudu. L'ancien directeur de la régie publique Odyssi a été condamné une peine de prison ferme pour des faits de favoritisme et détournement de fonds.
Le tribunal correctionnel de Fort-de-France a rendu sa décision dans le procès des chantiers d'Odyssi. Sept anciens dirigeants, agents et sociétés contractuelles de la régie communautaire de l’eau avaient été jugées en mai dernier pour des faits "de favoritisme, détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts et corruption passive".
Les faits avaient été commis le cadre d’attribution d’une quinzaine de marchés passés entre 2011 et 2016. Le procès quant à lui a eu lieu en mai dernier, délocalisé pour l'occasion à la cour d'appel de Fort-de-France.
Si un agent technique a été totalement relaxé, en revanche l’ancien directeur général d’Odissy, Jean Max Coranson-Beaudu a été lourdement condamné. Il écope de 36 mois dont 24 avec sursis, un mandat d’arrêt a été délivré à son encontre.
Il devra par ailleurs s’acquitter de plusieurs amendes d’un montant de plus de 90 000 euros et verser un peu plus d’1,8 million de dommages et intérêts pour le délit de favoritisme. Le tribunal a également prononcé une interdiction d’occuper un poste dans la fonction publique pendant 5 ans.
Un délibéré qui satisfait les avocats d'Odyssi. L'entreprise s'était portée partie civile. La réaction de maître Joël Catol, un des avocats d'Odyssi :
Ce sont des condamnations qui, effectivement, sont à la hauteur des faits qui étaient reprochés aux prévenus. Je vous rappelle que dans ce dossier, il y avait quand même des infractions de détournement de fonds publics, il y avait de la prise d'illégale d'intérêt, il y avait plusieurs abus. Tout cela était rondement mené par le directeur général. Ce qui fait la particularité de ce dossier, puisque le directeur général était au cœur, était le noyau même, le cerveau de cette escalade d'infractions qui se sont déroulées sur plusieurs années
Absent lors des journées d'audience en mai dernier, le principal prévenu était également absent lorsque le jugement a été rendu.
Un autre cadre condamné
L’ex-directeur commercial d’Odyssi, Emmanuel Bruno, fait partie également des prévenus qui ont été sévèrement condamnés. Le tribunal a suivi, en grande partie, les réquisitions du ministère public avec une peine de 2 ans d’emprisonnement dont 12 mois assortis du sursis simple. Une peine ferme qui pourra être aménagée.
Une condamnation 50 000 euros d’amende et une interdiction d’occuper pendant 5 ans un poste dans la fonction publique ont aussi été prononcées à l'encontre de cet ancien cadre dirigeant.
L'avocat d'Emmanuel Bruno, maître Philippe Edmond-Mariette souhaite consulter l'intégralité du jugement avant d'interjeter appel.
Mon client n'est jamais heureux quand il est condamné pénalement. Et vous, vous doutez bien que mon client a encaissé avec beaucoup de difficulté une telle décision. Toutefois, comme je lui ai indiqué, d'abord, il faut qu'on ait le jugement au complet parce qu'un prononcé de décision, ça ne dit rien tout seul, même si on peut penser que compte tenu de l'ancienneté des faits, le tribunal a eu la main lourde, peut-être même trop lourde. Et donc moi, je vais analyser avec lui la motivation de ce jugement pour comprendre très exactement où se nichent les éléments qui ont permis au tribunal de retenir sa responsabilité pénale. Et puis, nous avons 10 jours. Et pendant ces 10 jours-là, nous allons à ce moment-là, vérifier ce que nous devons faire. Mais souvent, je dis à mes clients: il faut prendre un jugement pénal qui vous condamne comme étant une bouteille à moitié vide ou à moitié pleine, ou le verre à moitié vide ou le verre à moitié plein. Et donc, il faut savoir fixer le curseur et ne relever un appel que quand on estime qu'il y a des raisons solides qui nécessitent qu'appel soit relevé
Les prévenus ont 10 jours pour faire appel de cette décision
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