Meurtre de Grégory Méranos : le procès en appel d'Elisha William s'est ouvert ce mercredi à Fort-de-France
Condamné en première instance à 25 ans de réclusion, Elisha William comparaît depuis ce mercredi 22 avril devant la cour d’assises d’appel de Fort-de-France. Malgré les tensions dans le box et une demande de renvoi de la défense, les débats sur l'assassinat commis en 2019 à Saint-Joseph se poursuivent.
Le procès en appel d’Elisha William s’est ouvert ce mercredi 22 avril devant la cour d’assises de Fort-de-France. Ce dernier est jugé pour le meurtre de Grégory Méranos, abattu le 13 novembre 2019 à Saint-Joseph.
Les faits s'étaient déroulés aux abords d'un snack, où la victime avait été mortellement touchée par des tirs de calibre 9 mm.
Selon le témoignage de son ami présent sur place, deux individus les avaient agressés pour dérober une chaîne en or et un scooter.
Le procès se poursuivra jusqu'à ce vendredi (24 avril) devant la Cour.
Un verdict de première instance contesté
En septembre 2024, la justice avait condamné Elisha William à 25 ans de réclusion criminelle pour meurtre et vol avec arme, tandis que son complice présumé, James Done, écopait de 30 ans par défaut, ce dernier n'ayant jamais été retrouvé.
Bien qu'il reconnaisse sa présence sur les lieux, l'accusé a toujours nié l'intention de donner la mort, évoquant une dette liée aux stupéfiants et une réaction de peur face à son comparse.
En entame de ce nouveau procès, William a présenté ses excuses à la famille de la victime, tout en déplorant sa situation personnelle et le fait de devoir revivre ces trois jours d'audience, affirmant être le seul à subir les conséquences de ce drame.
Une défense axée sur la fragilité psychologique
La stratégie de la défense, portée par Me Vincent Fabre-Giravalli, a immédiatement visé l'arrêt de la procédure en invoquant la fragilité psychologique de son client.
L'avocat a sollicité une expertise psychiatrique ainsi qu'un renvoi de l'affaire, arguant que les conditions de détention de l'accusé altéraient sa capacité à comparaître.
Cette demande a suscité une vive opposition des parties civiles, représentées par Me Sutty, ainsi que des réserves de l'avocate générale.
Cette dernière a souligné que les troubles invoqués semblaient davantage liés au récent transfert de l'accusé depuis la Guadeloupe qu'à une pathologie profonde. La cour a finalement choisi de statuer sur l'expertise, refusant ainsi le renvoi du procès.
Une cavale organisée
Ce mercredi, l'audience s'est poursuivie avec l'adjudant-chef Sébastien Fleury, directeur d'enquête, et présence en visioconférence.
Ce dernier a retracé la fuite d'Elisha William, qui avait rejoint Sainte-Lucie peu après le crime.
Durant sa cavale, l'accusé aurait bénéficié du soutien financier de plusieurs conquêtes féminines via des mandats Western Union.
C'est finalement au domicile de l'une d'entre elles, aux Trois-Îlets, qu'il avait été interpellé le 3 septembre 2020 en possession d'une arme de poing.
L'accusé a usé de sa capacité à mobiliser son entourage pour échapper aux autorités pendant plusieurs mois.
L'accusé véhément face à la cour
Le climat s'est brutalement détérioré lorsque la parole a été donnée à l'accusé.
Très énervé, Elisha William a dénoncé des conditions de transfert qu'il juge illégales et une falsification de son dossier administratif.
Clamant qu'il n'était pas en état de poursuivre, faute de vêtements et de sommeil, il a menacé de quitter le box de sécurité.
"Je ne souhaite plus continuer avec ce procès aujourd'hui, vous pouvez continuer sans moi", a-t-il lancé à l'adresse des magistrats.
Malgré ces incidents et la volonté manifeste de l'accusé de boycotter les débats, la cour a maintenu l'ordre du jour avec l'audition des témoins clés de la scène de crime.
Les débats se poursuivent ainsi avec la gérante de l'établissement, Flora C., qui a décrit avoir entendu une détonation semblable à un bruit de pétard avant de voir deux suspects prendre la fuite sur un deux-roues au moment des faits.
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