[Série 4/5] Trafic d’armes en Guadeloupe : les agents de police et de gendarmerie, en première ligne sur le terrain
Toute la semaine, la rédaction de RCI Guadeloupe s’intéresse à la circulation des armes à feu et ses conséquences sur l'archipel. Pour ce quatrième volet, on s’intéresse aux forces de police et de gendarmerie, qui sont en première ligne face à l’usage des armes.
Violences armées, interventions d’urgence, saisies d’armes, en milieu maritime ou terrestre, les forces de police et de gendarmerie sont en première ligne face à l’usage des armes.
Philippe Miziniak, directeur Territorial de la Police Nationale de Guadeloupe, est particulièrement conscient de la montée de la violence dans la société guadeloupéenne :
Parfois, on est passé pas loin de la catastrophe. On a quand même une situation qui occupe beaucoup de policiers sur le terrain, en intervention et en traitement judiciaire. J'ai connu d'autres départements à populations plus importantes, où le taux de transport, de port et d'usage d’armes à feu est moindre. La violence de manière générale est moins importante. Donc, effectivement, je suis inquiet.
Des moyens suffisants
Face à l’augmentation des faits de violences avec arme à feu, le général Christophe Perret, commandant de la gendarmerie, cherche des solutions pour renforcer l’efficacité des agents sur le terrain :
Je rentre de Trinidad et Tobago et de la Barbade. Je suis allé signer un accord avec la CARICOM Impact, l'agence de sécurité de la CARICOM. Elle est très puissante en termes de renseignement criminel. Cela va nous permettre de travailler sur la source, puis le cheminement des armes.
Les moyens de la gendarmerie ont été considérablement renforcés. Deux escadrons de gendarmes mobiles, sont venus en renfort, cela représente près de 150 gendarmes. Très prochainement, les forces de l’ordre auront un drone à voilure fixe, une première en Outre-mer. Ce petit avion permet de surveiller une plus grande distance, plus vite et plus précisément.
Les causes
À travers ces enquêtes menées sur le terrain, une question centrale se pose : qu’est-ce qui pousse les jeunes à prendre une arme et à s’en servir à tout-va aujourd’hui ? Éléments de réponse avec le général Christophe Perret, commandant de la gendarmerie de Guadeloupe :
11 % des délinquants sont mineurs en Guadeloupe, et ce chiffre est en augmentation constante. Ces jeunes sont en manque de reconnaissance sociale, ils sont attirés par les codes culturels des gangs américains. Lorsqu’ils font face à un problème, ils ont tendance à se dire : je tire et c’est réglé.
Une situation propre à notre territoire selon le commandant, notamment à cause de l’ampleur du trafic d’armes sur l’archipel :
Dans l'hexagone, quand vous êtes face à une arme, vous avez de bonnes chances qu’elle soit fausse. Si c'est une vraie, vous avez de bonnes chances qu'elle ne soit pas chargée. Si elle est chargée, vous avez de bonnes chances qu'il n'y ait pas une cartouche prête à l'emploi dans la chambre. En Guadeloupe, l'arme est toujours vraie, chargée et armée.
Selon lui, l’utilisation des armes à feu est multigénérationnelle, toutefois, en moyenne les utilisateurs ont moins de 25 ans.
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