Au lendemain du meurtre du Gosier, la problématique de la prise en charge des individus instables psychologiquement
Après l’agression mortelle d’un psychiatre au Gosier lundi (1er décembre), penchons nous sur la prise en charge des individus souffrant de pathologies mentales. Les cas se multiplient depuis quelques années et beaucoup passent devant la Justice. Le constat est qu'il existe très peu de solutions adaptées en Guadeloupe.
De plus en plus de procès concernent des prévenus souffrant de troubles. Un phénomène qui n’est pas nouveau, mais qui s’accentue au fil du temps. Lors de l’examen des personnalités, on se rend compte que les mis en cause sont souvent sous traitement, qu’ils ne suivent pas bien évidemment, ou qu’ils ont déjà effectué des séjours en milieux spécialisés.
Mis à part le cas mortel d'hier au Gosier, ce fut le cas récemment pour des affaires de violences ou de dégradation volontaire : l’homme nu en chaise roulante à Pointe-à-Pitre, la cinquantaine de véhicules abimés à Saint-François ou en fin de semaine dernière, cette trentenaire qui avait incendié une maison à Port-Louis.
Souvent jugés aptes à comparaître
La justice à qui les dossiers sont confiés n’a pas d’autre choix que de les juger, surtout quand l’expert qui les examine considère qu’ils sont aptes à l’être. Parfois on peut se poser des questions quand les personnes parlent toutes seules dans le box, crient ou invectivent constamment les magistrats. Plusieurs fois, les juges se sont retrouvés confrontés à des suspects aux propos incohérents, agressifs, obligés de les expulser en geôle le temps de l’audience.
Des situations plus que fréquentes au tribunal judiciaire comme nous l’explique Maître Jan-Marc Ferly qui assistait un client il y a quelques semaines. Il dénonce un mal qui ronge notre société et qu’on refuse de voir :
Manque de structures adaptées
Des individus mentalement instables, qui n’ont rien à faire en prison malgré leurs actes parfois très graves. Il faut savoir que la majorité des sujets escortés en comparution immédiate, souffrent surtout de schizophrénie. Quand le président les interroge, la plupart ont commencer à fumer de la drogue depuis l’âge de 10-12 ans. Des études scientifiques ont déjà prouvé l’effet du cannabis sur le cerveau à l’adolescence.
Ces personnes une fois jugées, se retrouvent incarcérées, là encore, se pose un autre problème. Mis à part l’hôpital de Montéran à Saint-Claude et l’antenne de santé mentale au CHU, il y a peu voire pas de structures spécialisées.
Ils finissent en prison
D’autant que la loi encadre l’internement forcé. Le maire d’une commune peut prendre un arrêté mais avec beaucoup de conditions à réunir. De plus, rien n’empêche au patient de s’enfuir par la suite face au manque de moyens, de personnels. Ceux qui sont envoyées en prison, sont mis à l’écart du système provisoirement et ils ressortent avec le plus souvent les mêmes troubles.
Éric Pétilaire, secrétaire CGT pénitentiaire dénonçait déjà il y quelques mois, l’énième agression d’un agent de Fond Sarail :
Les gendarmes aussi sont souvent confrontés à des situations délicates. Face au manque de prises en charge et de places disponibles, ils se retrouvent souvent à devoir gérer un forcené au sein de leur brigade, parfois toute une journée. Ils ne peuvent donc pas intervenir ou difficilement sur d'autres affaires.
Le problème demeure et risque de s’intensifier si rien n’est fait. Après le problème de l’eau en Guadeloupe, les risques liés aux maladies psychologiques pourrait bientôt devenir le second souci majeur chez nous.
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