Pool Art Fair 2026 : la Guadeloupe affirme sa place sur la scène artistique internationale
Avec la présence de l'artiste camerounais Barthélémy Toguo, des collaborations nouées avec l'Asie et une fréquentation toujours plus internationale, la 17e édition de la Pool Art Fair confirme son ambition : faire de la Guadeloupe un carrefour incontournable de l'art contemporain mondial.
Installé du 26 au 28 juin au Terminal de croisière de Pointe-à-Pitre, la 17e édition de la Pool Art Fair a une nouvelle fois attiré un large public et de nombreux professionnels du secteur artistique. Plus qu'une simple foire d'art contemporain, l'événement, fondé à New York en 2004 avant de s'implanter en Guadeloupe en 2010, poursuit son objectif initial : offrir aux artistes guadeloupéens et caribéens une visibilité au-delà de leurs frontières.
Cette édition 2026 marque une nouvelle étape dans cette stratégie d'ouverture internationale. La présence comme invité d'honneur de l'artiste camerounais Barthélémy Toguo, figure majeure de l'art contemporain mondial et artiste pour la paix de l'UNESCO, illustre cette volonté de faire dialoguer la Guadeloupe avec les grandes scènes artistiques internationales.
Pour David Démétrius, commissaire d'exposition indépendant, cette ouverture vers l'extérieur est essentielle au développement des artistes locaux.
Selon lui, la dimension internationale de la Pool Art Fair n'est désormais plus à démontrer.
La question ne se pose même plus quand on voit que l'artiste invité est quand même Barthélémy Toguo, qui n'est pas Guadeloupéen, qui est Camerounais et qui n'est pas n'importe quel artiste, puisqu'il a une très grande carrière. C'est un honneur pour nous, en tant que Guadeloupéens, de montrer que nous sommes déjà en lien et que nous avons toujours été en lien avec le monde et l'extérieur.
L'Asie, un nouveau territoire d'expression pour l'art caribéen
Cette ambition internationale se concrétise également à travers de nouvelles passerelles culturelles. Depuis plus d'un an, Marie-Catherine Djimi, avocate et passionnée d'art, travaille à faire connaître les artistes guadeloupéens et caribéens sur le marché asiatique.
Grâce à des collaborations développées au Japon et en Corée du Sud, elle a déjà organisé plusieurs expositions mettant en lumière des artistes comme Ronald Cyril, Chantalea Commin, Jocelyn Akwaba Matignon ou encore Rudy-Marc Rauquelaure.
L'art guadeloupéen, l'art caribéen en général, n'est pas du tout représenté en Asie. Et pourtant, il y a un boulevard pour justement qu'on ait cette représentation active. C'est là que je me suis dit que j'allais montrer cet art caribéen en Asie, explique-t-elle.
Une démarche qui rencontre un intérêt croissant auprès des publics asiatiques.
« Il y a un intérêt très important du public japonais, du public asiatique, du public coréen, pour cet art qui vient de chez nous », assure Marie-Catherine Djimi.
Un dialogue artistique entre la Guadeloupe et le Japon
Cette ouverture vers l'Asie est également incarnée cette année par la présence de Yasuyuki Korekawa, président-directeur de la société d'art japonaise Missao Corporation. Invité à la Pool Art Fair dans le cadre d'un partenariat avec la galerie itinérante Yunde Art, il présente les œuvres de l'artiste japonaise Setsuko.
Nous avons déjà travaillé ensemble dans plusieurs pays asiatiques, notamment en Corée. Ma partenaire m'a proposé de venir montrer l'art japonais traditionnel en Guadeloupe parce que le public guadeloupéen pourrait être vraiment intéressé par cet art qui est quelque peu méconnu ici, explique-t-il.
Pour le galeriste japonais, cette participation s'inscrit dans une logique d'échanges culturels réciproques.
« Cette année, j'ai saisi l'occasion de venir et de faire profiter le public guadeloupéen », ajoute Yasuyuki Korekawa.
Portée par une campagne de communication jusque dans le métro parisien et forte d'une programmation réunissant artistes caribéens et internationaux, la Pool Art Fair confirme ainsi sa vocation : faire de la Guadeloupe une plateforme de rencontres, d'échanges et de rayonnement artistique à l'échelle mondiale.
Et les artistes locaux entendent en profiter. Comme Patricia Lollia, artiste peintre et sculptrice, avec sa série sur les « Ti Moun » réalisée à partir de matériaux de récupération.
Il y a différentes techniques : dessin, peinture, gravure. Ensuite, j'accessoirise mes personnages pour les rendre beaucoup plus réalistes, beaucoup plus vivants, en utilisant des cheveux qui sont souvent des éponges de mer, ou encore, j'ajoute des lunettes, des bijoux, des montres. Ça, c'est la première récupération. Depuis deux ans, j'utilise aussi les banderoles publicitaires qui sont laissées à l'abandon et bien sûr qui polluent notre environnement. Donc, c'est devenu aussi mon support de travail.







