Disparition d'une dépouille, vols de scellés : la morgue du CHU de Martinique au coeur d'enquêtes judiciaires

Par 05/05/2026 - 06:50 • Mis à jour le 05/05/2026 - 08:53

[INFO RCI] Que se passe-t-il à la morgue du CHU de la Martinique ? Deux enquêtes confiées à la Direction Territoriale de la Police Nationale portent sur des faits graves commis au sein de ce service sensible de l'établissement hospitalier.

    Disparition d'une dépouille, vols de scellés : la morgue du CHU de Martinique au coeur d'enquêtes judiciaires

Pour comprendre l'une des affaires en cours, il faut remonter en 2024 lorsqu'un homme est porté disparu. Le cadavre est finalement retrouvé des mois plus tard, mais dans un état de décomposition avancée. La dépouille est donc stockée à la morgue. L'enquête d'identification finit par porter ses fruits récemment. 

L’aboutissement de ces investigations permet en principe à la famille de récupérer ce qu’il reste de leur disparu. C'est à ce moment qu'un problème se pose. La remise du corps n'a pas pu avoir lieu, le sac mortuaire contenant les ossements étant alors introuvable.

Une enquête sous l'oeil du parquet

Jeudi dernier, un médecin a déposé plainte dans le cadre de cette affaire pour tenter de comprendre ce qui a bien pu se passer. Une enquête de police a été immédiatement ouverte sous l'oeil vigilant du parquet de Fort-de-France qui demande des éléments de réponse.

Contactée, l'autorité judiciaire n'a pas souhaité faire de commentaires sur cette affaire en cours.

Vols de scellés

Ce scénario digne d’un polar se complique quand notre rédaction a découvert que ces dernières semaines d’autres enquêtes ont été lancées pour des vols de scellés judiciaires.

Des faits commis toujours au sein de la morgue.

Dysfonctionnements

Depuis plusieurs années, l’unité médico-judiciaire du centre Pierre Zobda Quitman connaît quelques dysfonctionnements. Longtemps, le service a pâti de l'absence de médecin légiste sur le territoire mais une solution a été trouvée depuis 2021

Le manque d’effectifs et d’équipements dans le service et surtout une augmentation de décès par faits de violence a également mis la morgue sous tension. Le nombre d’autopsies a pratiquement triplé entre 2023 et 2025, passant d’une cinquantaine à 150 par an.

En mars dernier, la direction du CHUM annonçait une réorganisation en profondeur du service funéraire, peut être devra-t-elle se faire plus vite que prévu.


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