"Il y a des corps stockés depuis 4 ans", la morgue du CHUM est l'objet de tensions entre un syndicat et la direction
Jean-Pierre Jean-Louis, secrétaire général de Force Ouvrière Santé au CHUM, critique vertement la stratégie du directeur de l'hôpital, Jérôme Le Brière, vis-à-vis de la morgue. Pour le syndicaliste, la direction passe à côté des besoins réels du service.
Le Centre Hospitalier Universitaire de la Martinique a engagé une démarche visant à résoudre les difficultés signalées par les professionnels de santé mais aussi par les usagers du CHUM à la morgue.
La semaine dernière, Jérôme Le Brière, directeur général du CHU de Martinique s’est rendu au service de la chambre mortuaire de l’hôpital Pierre Zobda-Quitman pour une demi-journée d’immersion aux côtés du personnel.
Une initiative qui ne passe pas au niveau du syndicat Force Ouvrière Santé CHUM Martinique et son secrétaire général, Jean-Pierre Jean-Louis qui estime que cette visite n’apporte rien face aux problématiques actuelles
On s'est adressé une nouvelle fois à monsieur Le Brière parce que la problématique de la morgue est récurrente, parce que des corps entassés en décomposition, des chambres froides qui dysfonctionnent, des conditions de travail qui ne sont pas réunies. Ça fait près d'un mois qu'on lui a adressé le courrier. On est surpris de l'entendre sur les ondes dire que le problème est réglé alors que rien n'est réglé. Ce n'est pas parce qu'il a fait une immersion à la morgue que tout est réglé. La problématique reste entière
Jean-Pierre Jean-Louis liste les besoins du service
Avoir des casiers en nombre, avoir une climatisation qui fonctionne convenablement, avoir des brancards et avoir une voiture de transport digne de ce nom. Ce n'est pas parce que nos défunts sont partis qu'il faut les transporter dans des voitures délabrées et qui causent problème à ceux et celles qui les conduisent. Parfois, il faut installer les corps dans les salles où on fait des autopsies parce qu'il n'y a pas suffisamment de casier.
Des corps stockés depuis plusieurs années
Le responsable syndical évoque également le cas de corps stockés à la morgue depuis plusieurs années. Une situation qui n'est pas sans rappeler celle de la Guadeloupe où une cinquantaine de corps étaient en attente de sépulture dont une trentaine rien qu'au CHUG.
Il y a des corps qui sont stockés à la morgue depuis trois ans ou quatre ans. Les mairies ne font pas leur travail, particulièrement la mairie de Fort-de-France, puisque la morgue se trouve sur son territoire. Le procureur aussi, il doit faire en sorte que les autopsies se fassent en temps en heure, qu'on puisse laisser la place à d'autres corps pour pouvoir fonctionner convenablement. On travaille dans des conditions indignes et un non-respect de nos défunts
Le départ d'un agent mais aussi l'attitude de certaines familles ont accentué ces difficultés ces dernières années
On avait un agent qui faisait un travail remarquable concernant la fluidification des corps au niveau de l'amont qui appelait les mairies qui avaient des numéros de téléphone et qui arrivaient à débloquer la situation. Malheureusement, cette collègue est partie à la retraite
Pour le syndicat, la solution est claire : "il faut chercher des sous pour la morgue".
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