"Un aspirateur à attention" : la loi interdit l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans

Par 27/07/2026 - 12:54 • Mis à jour le 27/07/2026 - 12:55

Après plusieurs mois de débats, une commission mixte paritaire composée de députés et de sénateurs a définitivement adopté une proposition de loi mardi 21 juillet. Le texte impose aux plateformes de vérifier l’âge de leurs utilisateurs et d’empêcher l’accès aux moins de 15 ans à ces sites considérés comme des réseaux sociaux. Une première en Europe.

    "Un aspirateur à attention" : la loi interdit l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans

Vérfier l'âge des utilisateurs, c'est ce qu'envisage le gouvernement pour protéger les plus jeunes face aux dangers du net. Cette loi doit s'appliquer dès le 1er septembre 2026. A cette date, tout jeune de moins de 15 ans ne pourra plus se créer de profil. Pour les comptes existants, l'interdiction s'appliquera au 1er janvier 2027.

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Depuis cette annonce, Olivia est ravie. Elle a toujours été très claire avec son fils de huit ans Maël : il ne touchera pour le moment ni aux réseaux sociaux ni aux téléphones portables :


Parfois, il y a du harcèlement, il y a des contenus qui ne sont pas adaptés aux enfants. Quand ils sont jeunes, ils ne sont pas à même de choisir ce qui leur convient et ce qui peut être dangereux pour eux.



Car restreindre ou interdire l'accès aux réseaux sociaux, c'est aussi protéger les plus jeunes exposés précocement au danger du numérique. Sabine Duflo, psychiatre et fondatrice du collectif Sur Exposition Écran, explique : 


Cette espèce d' "aspirateur à attention" qui fonctionne en continu, bloque les capacités de concentration et ensuite de mémoire. Cela a des effets par la suite sur les capacités d'apprentissage. Comme les réseaux sont gratuits, il y a un système de surenchère pour produire des contenus qui vont être de plus en plus choquants, comme de la violence, des mineurs hypersexualisés etc…

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En Australie, où une interdiction similaire a été adoptée six mois plus tôt, les effets semblent pour l'heure mitigés. Un grand nombre d'adolescents auraient conservé leur compte en ligne. Et les parents restent partagés concernant l’efficacité à long terme de cette interdiction :


Le problème, en soi, n'est pas l'outil, mais ce qu'on fait de l'outil. Parce que l'interdiction peut être déjà une première solution, à mon avis. Selon moi, la problématique première c’est plutôt l'éducation.

 


Même si on l'interdit, de toute façon, ils vont trouver le moyen d'y aller. C'est au rôle des parents, non seulement de regarder, mais de pouvoir faire confiance à leurs enfants et puis de les accompagner dans l'utilisation des réseaux sociaux.


Je pense qu'au début, ça va être un peu difficile. Il y aura un peu de frustration chez les jeunes. Mais si le gouvernement fait ce qu'il faut, je pense que ça peut aboutir. Et à mon avis, ça ne sera que du positif.

 

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Quelles seront alors plateformes concernées ? Quelle sera la méthode de vérification de l’âge ? Plusieurs zones d’ombres subsistent. Sabine Duflo :

 

Est-ce que ça va concerner TikTok qui est chinois ou Instagram, Snapchat, et on va laisser le côté Discord ou Twitch ? Est-ce que ça va concerner les jeux vidéo en ligne, gratuits, multijoueurs qui sont des formes de réseaux sociaux à part entière puisqu'on peut discuter, échanger ? La solution qu'on préconise, c'est d'interdire l'accès à l'objet qui permet d'accéder aux réseaux sociaux : c'est-à-dire tout simplement un téléphone portable connecté. On plaide pour un téléphone pour téléphoner et pas un téléphone pour scroller sur des réseaux sociaux ou pour jouer à des jeux qui sont des véritables casinos numériques.

 


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