Le chanteur jamaïcain Jimmy Cliff, légende du reggae, meurt à 81 ans
Le monde de la musique caribéenne est en deuil ce lundi. Quelques jours seulement après la disparition de « Dadou » Pasquet, figure majeure de la musique haïtienne, c’est au tour de la légende jamaïcaine du reggae, Jimmy Cliff, de s’éteindre à l'âge de 81 ans.
Le monde de la musique caribéenne est à nouveau en deuil, ce lundi (24 novembre).
Après le décès de « Dadou » Pasquet, figure emblématique de la musique haïtienne, samedi à Miami, on apprend, ce lundi, la mort d’une autre légende, du reggae cette fois.
A LIRE AUSSI Décès d’André «Dadou» Pasquet, figure emblématique de la musique haïtienne
Le chanteur jamaïcain Jimmy Cliff s’est éteint à l’âge de 81 ans.
C’est sa femme, Latifa, qui a annoncé la triste nouvelle sur Instagram, indiquant qu’il avait succombé des suites d'une crise convulsive suivie d'une pneumonie.
À tous ses fans à travers le monde, sachez que votre soutien a été sa force durant toute sa carrière. Il appréciait profondément chacun d'entre eux pour leur amour.
« La musique, c'est être inspiré »
L'artiste, de renommée internationale, sans pour autant atteindre les sommets de carrière que certains lui promettaient à une époque, a notamment signé les tubes planétaires « Many Rivers to Cross », « The Harder They Come », ou encore « Reggae Night ».
En 2010, il était entré au Rock and Roll Hall of Fame. « J'ai grandi en écoutant du rock and roll, en dehors de notre musique indigène en Jamaïque », avait-il alors expliqué. « La musique, c'est être inspiré. »
Salué par Bob Dylan ou Paul Simon, notamment pour sa chanson « Vietnam », il déclarait, selon le site de l'institution dédiée à la préservation de l'histoire de la musique : « L'essence de ma musique est la lutte. Ce qui lui donne la touche finale, c'est l'espoir de l'amour. »
Discours politique engagé
Né en juillet 1944 dans une famille nombreuse et sans le sou de St James, près de Montego Bay (Nord de la Jamaïque), il n'a cessé de s'intéresser à des influences musicales multiples - soul, ska, funk, punk, folk - tout en conservant un discours politique engagé.
Il écoute Sam Cooke, Ray Charles, Fats Domino, Jimi Hendrix. Il collaborera aussi, au fil des années, avec des groupes comme The Clash, Kool and the Gang, Sting, Annie Lennox, mais aussi le Français Bernard Lavilliers.
Toute sa vie, il restera profondément marqué par ses origines et par les injustices du monde moderne.
« J'ai été inspiré par les émeutes de Londres (en 2011), mais aussi par le Printemps arabe », précisait-il au quotidien Le Monde en 2012, évoquant aussi « les injustices sociales, l'hypocrisie religieuse, et les clans politiques ».
« Un paradoxe de la musique jamaïcaine »
Mais il n'aura jamais atteint les sommets du dieu du reggae, Bob Marley.
« Jimmy Cliff est un paradoxe de la musique jamaïcaine », écrit sur son site la maison de disques Universal France.
« Reconnu dès sa période ska, premier artiste de reggae à signer pour (le label) Island, acteur et chanteur (...), auteur de multiples tubes planétaires, star en Amérique Latine et en Afrique », il est aussi resté « un mal aimé du public reggae à cause de son image variété, grand public et son côté star très assumé, loin de l'imagerie rasta - il ne l'est d'ailleurs pas – habituelle ».
Il a aussi collaboré, à plusieurs reprises, avec le cinéma. Notamment pour le film musical « The Harder They Come » (« Tout, tout de suite », 1972), considéré comme ayant permis la percée du reggae et dans lequel il interprète un criminel.
Sa chanson « I Can See Clearly Now » fera aussi le bonheur de la comédie « Rasta Rockett » (1993).
La Jamaïque « marque une pause »
Peu après l'annonce de sa mort, le Premier ministre jamaïcain Andrew Holness a déclaré que le pays « marquait une pause » pour honorer Cliff, « un véritable géant culturel dont la musique a porté le cœur de notre nation au monde ».
« Sa musique a élevé les gens pendant les périodes difficiles, inspiré des générations et contribué à façonner le respect mondial dont jouit aujourd'hui la culture jamaïcaine », a-t-il ajouté.
« Marche bien, Jimmy Cliff. Ton héritage perdure dans chaque recoin de notre île et dans le cœur du peuple jamaïcain. »
Le groupe britannique de reggae UB40 lui a aussi rendu hommage. « Il a finalement traversé la dernière rivière. Repose en paix Jimmy, ta musique vivra éternellement », a-t-il écrit sur son compte officiel sur X.
En Martinique
A noter qu'en juillet 2019, Jimmy Cliff s’était produit sur la scène du Grand Carbet de Fort-de-France. Il était la tête d'affiche du 48e festival de la ville.
A LIRE AUSSI Jimmy Cliff en star du festival culturel de Fort-de-France








