Les surveillants pénitentiaires mobilisés pour une journée «prison morte» afin de dénoncer un manque de moyens

Par 27/04/2026 - 05:08 • Mis à jour le 27/04/2026 - 06:31

Les établissements pénitentiaires de Martinique, Guadeloupe et Guyane sont fortement perturbés, ce lundi (27 avril) par un mouvement de blocage lancé par le syndicat UFAP UNSa Justice. Les personnels protestent contre un manque d’effectifs et des conditions de travail jugées dégradées, avec des conséquences immédiates sur le fonctionnement des prisons.

    Les surveillants pénitentiaires mobilisés pour une journée «prison morte» afin de dénoncer un manque de moyens

Portes fermées, activités à l’arrêt : la mobilisation s’annonce massive. Depuis ce lundi matin, la mobilisation prend forme dans les prisons des Antilles-Guyane, dans le sillage d’un appel national. À l’origine : le syndicat UFAP UNSa Justice, qui a appelé à un blocage coordonné dans toute la France, y compris en Outre-mer.

La situation dans les centres pénitentiaires est jugée inacceptable par les agents, qui évoquent des conditions de travail dégradées, des équipes sous pression et une insécurité croissante au quotidien.

Des dizaines de postes vacants

Les personnels dénoncent un manque criant de moyens et des affectations jugées insuffisantes. Plus de 70 postes seraient actuellement vacants dans les établissements du bassin, alors que seulement 6 postes ont été attribués récemment.

Avec ce mouvement, les entrées seront filtrées, les détenus ne seront pas extraits de leurs cellules, les grévistes espèrent se faire entendre et réclament des renforts immédiats, ainsi qu’une meilleure prise en compte des réalités des territoires ultramarins.

Stéphane Lordelot, secrétaire général de l’UFAP UNSa Justice Martinique, a détaillé les modalités du mouvement :

L'institution sera totalement bloquée, aucune porte ne sera activée. Nous mettrons en lien, avec la Guyane et la Guadeloupe, pour échanger et définir de chaque action que nous allons opérer. Il faut injecter un médecin avec des personnels médicaux dans la détention, parce qu'il faut continuer à préserver la santé des personnes détenues. Il n'y aura plus de parloir, les effectifs ne sont pas de nature à permettre que la promenade se mette en place, ni aucune activité à l'intérieur du Centre pénitentiaire. Les extractions qui sont programmées seront bien entendu annulées.

A la prison de Ducos, le syndicat FO Justice est également mobilisé et « solidaire » de la mobilisation.

Une “journée morte” dans les prisons

Dans les faits, cette mobilisation se traduit par un arrêt quasi total des activités. Pas de parloirs, pas d’activités internes, pas de sorties de cellules. Seuls les services de restauration et de soins fonctionnent dans les prisons, ainsi que la sécurité habituelle.

Au-delà des effectifs, les syndicats alertent aussi sur les conditions de détention. Dans certains établissements, comme à Baie-Mahault, la surpopulation carcérale atteint des niveaux critiques, avec un taux d’occupation supérieur à 244 % et environ 150 matelas au sol selon Jean Jacques Racamy, secrétaire général de l’UFAP UNSa Justice Guadeloupe. Un contexte qui renforce la pression sur les personnels comme sur les détenus.

Selon l’UFAP UNSa Justice, près de 80 % des établissements en France seraient concernés par le mouvement. Dans les Antilles-Guyane, entre 80 et 100 agents grévistes sont attendus.

Le message est adressé directement au gouvernement. Les agents réclament des renforts immédiats et une meilleure prise en compte des réalités ultramarines. Si aucune réponse n’est apportée, la grève pourrait être reconduite dès mardi.


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