Le CHUM lance NephroWise, une application qui permet de faciliter le suivi des patients
Le centre hospitalier universitaire de Martinique a annoncé fin juin le déploiement de NephroWise, une application de télésurveillance créée par l'entreprise Sêmeia. Déjà utilisé par 200 patients, cet outil vise à assurer un suivi plus régulier et personnalisé des personnes touchées par l'insuffisance rénale chronique.
La technologie évolue. En santé, c'est une petite révolution pour les personnes touchées par l'insuffisance rénale chronique, celle de la mise en place d'un outil de télésurveillance qui améliore leur suivi à domicile.
Le CHUM a annoncé fin juin le déploiement de NephroWise, une application créée par l'entreprise Sêmeia. Son objectif est d’assurer un suivi plus régulier et personnalisé de ces patients, qui nécessitent une attention médicale particulière.
Des données transmises par les patients
Ces derniers peuvent renseigner eux-mêmes des données sur leur état général, comme leur poids, leur tension artérielle ou leur température. En cas de signe alarmant, les soignants peuvent ainsi agir plus rapidement et anticiper les éventuelles complications. Un outil déjà utilisé par 200 patients, qui s'inscrit dans la démarche de transformation numérique de l'hôpital.
Joanne, 48 ans, a reçu une greffe de rein en 2016. Son suivi consiste aujourd'hui en une consultation trimestrielle et des bilans réalisés tous les mois. Mais depuis qu'elle utilise la télésurveillance, ses déplacements à l'hôpital se font plus rares :
Je peux faire mon bilan en ville, je poste mon bilan sur l'interface et le médecin interagit. S'il y a un problème, le moindre problème, tout de suite, le médecin réagit.
Une réactivité appréciée
Outre le dépôt de documents, l'application permet à Joanne de renseigner en temps réel des données à surveiller, comme sa température, sa tension artérielle ou son poids, mais aussi de faire remonter rapidement certaines situations préoccupantes :
On a eu un souci, par exemple, avec un intermédiaire qui livrait les médicaments, qui a arrêté la prestation du jour au lendemain. Donc, j'ai interpellé le docteur via l'application, qui a réagi très vite. Un autre prestataire a pu prendre le relais rapidement et voilà, les livraisons se font maintenant.
Joanne estime cet outil « très bénéfique », mais il ne remplace en aucun cas les consultations avec les médecins et ne permet pas de gérer les urgences.
Une analyse que confirme le docteur Doris Calmo-Mauriol, néphrologue au CHUM :
Ce n'est pas quelque chose qui va nous permettre de réagir un samedi soir à 23h00. C'est vraiment un élément un peu technologique supplémentaire qui nous permet d'améliorer un peu et d'optimiser le suivi de nos patients.
Anticiper les complications
Exemple avec une tension artérielle qui serait un peu trop élevée :
L'infirmière de coordination voit tout de suite quand on a des tensions plusieurs jours d'affilée qui sont supérieures à ce qu'on attend. Et à ce moment-là, on peut les rappeler, voir avec eux ce qui se passe, avancer les consultations, changer les médicaments. Et ça nous permet d'éviter un peu et d'anticiper des complications.
L’initiative est désormais de généraliser l'utilisation de cette application à tous les patients, pour autonomiser leur suivi. Un véritable défi quand on sait que le nombre de personnes touchées par l'insuffisance rénale est deux fois plus élevé en Martinique que dans l'Hexagone, avec notamment près de 700 patients actuellement dialysés.







