La seule unité de Martinique dédiée aux troubles mentaux des personnes âgées menacée de fermeture
Le service de psychiatrie de la personne âgée (PPA) du Centre hospitalier Maurice Despinoy, situé à Balata, devrait fermer en 2027. Il accueille aujourd'hui des patients atteints de démence, de dépression, de délires ou encore des troubles neurocognitifs liés au vieillissement du cerveau. Et ces patients aux besoins spécifiques sont accompagnés par une vingtaine de professionnels de santé.
Soignants et syndicats se sont mobilisés pour dire non à la fermeture de cette unité Psychiatrie de la Personne Agée (PPA). Ils demandent à maintenir cette prise en charge spécialisée aux personnes âgées, sans réclamer nécessairement son maintien sur le site de Balata, qui offre un cadre nature certes mais dégradé.
Des élus et parlementaires sont venus à leur rencontre ce matin. Ils se sont engagés à adresser un courrier au ministère de la Santé pour défendre le maintien et le développement de cette unité PPA.
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Pour soutenir leurs démarches, trois syndicats se sont mobilisés contre la fermeture de cette unité. Ils ont convié ce matin élus et parlementaires à venir à leur rencontre pour comprendre leur problématique et obtenir du soutien en haut-lieu.
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Une démarche saluée par le député martiniquais Marcelin Nadeau :
On sait que notre population vieillit, et que certaines de nos personnes âgées sont confrontées à des problèmes de santé mentale. En cela, les soignants ont développé un savoir-faire intéressant sur un site particulier. Pour des raisons complètement financières, on décide de fermer cette unité. Ça nous paraît aberrant dans ce contexte. Il est impératif que ce centre ne ferme pas.
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Une fermeture pour des raisons budgétaires donc, comme l’explique le Docteur Alex Bottius, psychiatre des hôpitaux. Car, bien que des subventions aient été versées il y a plusieurs années pour l'ouverture de nouveaux batiments, la transformation démographique et le vieillissement rapide de la population n'avaient pas été anticipés :
Il y aurait eu, il y a plus de dizaines d'années, l'engagement de l'établissement de fermer ce qu'on appelle à l'époque la gérontopsychiatrie dans le cadre de subventions accordées pour la construction de nouveaux bâtiments. Mais au moment où les équipes ont signé cet accord, elles n'ont pas vu l'évolution démographique du pays. Cette mesure de fermeture est totalement en décalage avec les besoins de la population.
Une situation qui accroît les tensions autour du service hospitalier. Il poursuit :
Les besoins des personnes âgées dans des troubles psychiatriques augmentent. Dans les locaux de la gérontopsie, nous avons mis en place un nouveau projet de psychiatrie de la personne âgée. Nous sommes passés à un vrai service de psychiatrie active. Nous considérons que cette unité est indispensable. Sinon, il y a un non-soin, voire pire, le transfert de ces patients dans des unités pour lesquelles elles ne sont pas du tout adaptées, c'est-à-dire la psychiatrie pour adultes. Nous pensons que ce serait une régression.
Le Docteur Bottius souhaite maintenir l’unité, sans s’accrocher au site de Balata. Il explique :
Nous ne nous battons pas pour que l'unité reste définitivement à Colson. S'il y a un autre site qui propose la sécurité, un espace de jardin comme ici, on serait preneur. L'idée, c'est que l'unité soit maintenue, mais entre-temps, nous cherchons un autre lieu d'implantation qui doit correspondre aux besoins de cette population-là. L'espace plein air est très important.
Marcellin Nadeau s’est engagé à envoyer un courrier à la ministre de la Santé. Une manière d'introduire une demande de dialogue avec le ministère, avant la déchéance prévue en 2027.
Le centre accueille aujourd'hui entre 15 et 20 patients, accompagnés par une vingtaine de professionnels de santé.
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